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28/02/2013 02:35 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

La hantise du patineur de vitesse sur courte piste François-Louis Tremblay

MONTRÉAL - La saison qui s'achève a été fort éprouvante pour le patineur de vitesse sur courte piste François-Louis Tremblay. Mais s'il y a une chose qui est limpide dans son esprit, c'est qu'il n'est pas prêt à accrocher ses patins à longues lames au clou de la retraite.

«Ma plus grande hantise, c'est de me retirer trop tôt pour réaliser plus tard que j'aurais pu continuer, affirme le quintuple médaillé olympique en entrevue à La Presse Canadienne. Je ne veux avoir aucun regret, quitte à aller trop loin pour en avoir le coeur net. Je préfère faire ça plutôt que de ne pas essayer.»

Tremblay, âgé de 32 ans, a eu le sentiment cette saison que des membres de son entourage ont voulu le pousser vers la retraite en raison d'un manque de résultat en piste.

«Il y avait comme un malaise quand je répondais à des proches qu'une compétition ne s'était pas bien déroulée pour moi. C'était comme si, implicitement, on attendait que j'ajoute au bout de ma réponse `eh oui c'est la fin pour moi'. Et ça m'agaçait à la longue.»

Or, dans son for intérieur, l'athlète natif d'Alma ne doute pas qu'il peut encore rivaliser avec l'élite mondiale. Il estime même être en mesure de remporter d'autres médailles olympiques. Il lui reste à faire la transition sur le plan stratégique parce que le sport a énormément évolué ces dernières années.

«Les règlements ont changé et je dois me débarrasser de vieux réflexes, souligne-t-il. Les dépassements qu'on permet maintenant ne l'étaient pas nécessairement auparavant, et c'est la même chose pour les situations de blocage. J'avais tendance à éviter tout contact avec mes adversaires. Je dois faire les ajustements. C'est mon plus grand défi.»

Cette saison, il explique qu'il n'a pas pu se faire justice dans les compétitions de sélection nationale parce que, d'une part, la compétition est féroce au Canada et, d'autre part, parce qu'il n'est pas un patineur qui tire son épingle du jeu dans les longues distances.

«Pour faire une histoire courte, c'est comme si on avait exigé du sprinter Usain Bolt qu'il court un 10 000 mètres pour se qualifier dans l'équipe du 100 mètres de son pays», a imagé Tremblay, qui est plus rapide sur 500 et 1000 mètres qu'aux 1500 et 3000 mètres.

La compétition de sélection olympique est fort différente dans sa formule, et c'est la raison pour laquelle il va s'y présenter confiant de mériter un poste au sein de l'équipe canadienne en août prochain, en vue des JO de Sotchi.

«À la compétition de sélection olympique, tous sont égaux sur la ligne de départ d'une épreuve, peu importe que vous soyez sixième ou 12e au classement général du pays.»

Avant d'aborder l'étape décisive «où ça va passer ou casser» pour lui, Tremblay veut retrouver de bonnes sensations sur la glace et terminer la saison sur une note positive, en fin de semaine, à l'occasion de la dernière compétition de sélection de l'équipe nationale, présentée à Montréal.