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28/02/2013 08:52 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

La cause de la mort d'un détenu palestinien encore indéterminée (Israël)

Le ministère israélien de la Santé a affirmé jeudi que les causes de la mort d'un Palestinien détenu par Israël, des suites de "tortures" selon l'Autorité palestinienne, restaient indéterminées après analyse d'échantillons biologiques.

La mort en détention le 23 février d'Arafat Jaradat, 30 ans, a provoqué des affrontements pendant plusieurs jours en Cisjordanie occupée entre manifestants palestiniens, dont des dizaines ont été blessés, et militaires israéliens.

Après examen des échantillons, "il a été établi que les hémorragies et les côtes cassées découvertes pendant l'autopsie" étaient "caractéristiques des tentatives de réanimation réalisées sur le défunt par l'administration pénitentiaire et les services de secours pendant 50 minutes", a annoncé le ministère israélien dans un communiqué.

"Aucune autre trace d'une autre contusion n'a été découverte. Les examens toxicologiques ont également été négatifs", a ajouté le ministère, précisant qu'aucune maladie susceptible d'expliquer le décès n'avait été décelée et que des examens complémentaires allaient donc être menés.

Au lendemain du décès, le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë, avait affirmé que les résultats préliminaires de l'autopsie, réalisée par l'Institut médico-légal israélien en présence d'un médecin légiste palestinien, "prouvaient" qu'Israël l'avait "assassiné".

Il avait fait état de blessures et de fractures sur le corps et de contusions au visage, résultant de "tortures".

"Tous les documents seront transférés au juge en charge du dossier", a assuré mercredi au Parlement le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, ajoutant que "les documents seraient peut-être également envoyés à un organisme international afin de dissiper les rumeurs".

Trois organisations israéliennes de défense des droits de l'Homme - Adalah, Médecins pour les droits de l'Homme-Israël et le Comité public contre la torture en Israël - ont appelé dans un communiqué conjoint à une "enquête indépendante et impartiale".

Ces associations ont aussi exhorté "la communauté internationale à exiger que le gouvernement israélien respecte les droits des détenus palestiniens et protège leur santé et leur vie".

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, Richard Falk, a jugé mercredi dans un communiqué "une enquête extérieure crédible plus urgente que jamais", arguant qu'Israël s'était, "de façon récurrente, rendu coupable de mauvais traitements envers les prisonniers".

La mobilisation s'intensifie depuis début février en faveur des Palestiniens détenus par Israël, en particulier les quatre qui observent depuis plusieurs mois une grève de la faim par intermittence pour exiger leur libération: Samer Issaoui, Aymane Charawneh, Jaafar Ezzeddine et Tariq Qaadane.

Les deux derniers ont suspendu leur action mercredi dans l'attente d'une décision d'un tribunal militaire israélien le 6 mars sur leur maintien en détention administrative, qui arrive à échéance le 21 mai.

Ces quatre détenus sont désormais tous hospitalisés, afin de surveiller leur état de santé, a précisé jeudi à l'AFP la porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman.

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