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28/02/2013 01:56 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

Harlem Shake: heurts impliquant des salafistes à Tunis et Sidi Bouzid (témoins)

Des heurts ont opposé jeudi des élèves et des salafistes dans deux villes tunisiens empêchant des mises en scène du buzz "Harlem Shake", sujet de querelle grandissant en Tunisie, alors que des jeunes tentent d'organiser un spectacle géant vendredi à Tunis.

A Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011, des élèves du lycée de Regueb ont voulu filmer mercredi leur version de cette danse dans l'établissement scolaire. Ayant essuyé un refus du proviseur, ils s'y sont attelés dans la rue, ont expliqué l'enseignant Mohamed Kadri et le surveillant Mounir Jebli, témoins des faits.

Un groupe d'une vingtaine de militants salafistes sont alors intervenus, brutalisant les lycées en leur criant que le Harlem Shake "est une danse occidentale de mécréants", ont-ils expliqué. Ce même groupe est revenu jeudi et ont de nouveau brutalisés des lycéens.

A l'université de la Manouba (banlieue de Tunis) où depuis plus d'un an des incidents entre étudiants laïcs et salafistes ont lieu régulièrement, des heurts ont opposé jeudi après-midi un groupe de jeunes voulant filmer le "Harlem Shake" et des militants islamistes, selon le gardien de la faculté des arts et des lettres interrogé par l'AFP.

La police est intervenue et a séparé les deux groupes. En fin d'après-midi le calme y était revenu.

Des heurts similaires avaient déjà eu lieu mercredi dans une faculté de la cité El Khadra de Tunis, bastion de la mouvance salafiste.

La chanson électro-dance Harlem Shake a déclenché un phénomène viral sur Internet, dont se sont emparés plusieurs dizaines de milliers d'internautes sur Youtube. Sur les vidéos de 30 secondes, on peut voir plusieurs personnes déguisées à outrance ou dénudées danser de façon frénétique.

De nombreuses pages pro-islamistes sur les réseaux sociaux dénoncent le "Harlem Shake", le jugeant indécent et non conforme à l'islam.

Une multitude d'établissements éducatifs tunisiens ont réalisé de telles vidéos ces derniers jours après que le ministre de l'Education, Abdellatif Abid a ordonné une enquête dans un lycée en raison d'une de ces mises en scène.

En réaction, un appel a été lancé sur les réseaux sociaux pour la tenue d'un "Harlem Shake" géant vendredi devant le ministère de l'Education. Plus de 9.000 personnes ont indiqué vouloir y participer.

Contactés par l'AFP, les organisateurs ont indiqué maintenir l'évènement "malgré les risques". Dans un communiqué, ils ont expliqué vouloir exprimer leur solidarité envers les lycéens visés par l'enquête du ministère.

"A travers cet évènement, nous ne souhaitons offenser ou provoquer personne", écrivent-ils, "nous voulons juste défendre notre droit au rêve, à la création, à l'expression et à la joie. Notre démarche est pacifiste et souriante. Nous militons pour bien vivre ensemble, dans le respect de la liberté subjective de chacun".

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