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28/02/2013 01:44 EST | Actualisé 29/04/2013 05:12 EDT

Au tour de l'ex-DG de Montréal Claude Léger de s'expliquer à la commission

Un texte de François Messier

EN DIRECT - Claude Léger, qui a été directeur général de la Ville de Montréal de 2006 à 2009, a entrepris jeudi avant-midi son témoignage devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Il sera notamment être interrogé sur le scandale du projet immobilier Faubourg Contrecoeur, sur lequel s'est longuement penchée la commission au cours des dernières semaines.

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Claude Léger était le patron de l'ex-directeur de la réalisation des travaux publics, Robert Marcil, qui a nié avec insistance, lors de son témoignage des derniers jours, avoir eu vent des stratagèmes de collusion et de corruption qui ont permis à des entreprises de faire main basse sur les contrats de la Ville. La commission à cependant mis en lumière ses liens étroits avec tous les acteurs principaux de ce vol à grande échelle.

L'ancien numéro 1 de l'administration municipale a expliqué qu'il était arrivé à la Ville dans un contexte difficile. Il y avait un trou de 400 millions dans les finances, mais une proposition de budget prévoyant une hausse de l'impôt foncier avait été rejeté par le maire Gérald Tremblay qui s'était engagé à le geler lors de l'élection de 2005.

Claude Léger avait donc reçu le mandat de supprimer 1000 postes dans la fonction publique et de retrancher 300 millions de dollars au budget d'opérations de la Ville, et ce, en trois ans. Un « chantier colossal » pour identifier des pistes d'économie, le RASOP, avait en outre été lancé, ce qui mobilisait des centaines de fonctionnaires regroupés dans une série de comités.

L'ex-DG de la Ville a ensuite été interrogé au sujet d'un rapport préparé par la firme Pricewaterhouse Cooper, sous la supervision du vérificateur interne Denis Savard, à l'automne 2006. Le document portait sur les appels d'offres lancés par la division des projets hydrauliques et la division de la voirie et était adressé au Service des infrastructures, transport et environnement (SITE). 

Le rapport concluait notamment que des entreprises comme Sintra et DJL pratiquaient l'intégration verticale et horizontale de manière à éliminer la concurrence, que quatre entreprises obtenaient une forte proportion des contrats , que celles basées à l'extérieur de la Ville ne venaient plus soumissionner à Montréal, que le marché public, était, règle générale, propice à la formation de cartels, et que la Ville n'avait aucun moyen de se prémunir contre ça.

L'analyse-enquêteur de la commission Guy Desrosiers avait déjà fait savoir lundi que les noms des entreprises concernés et de leurs propriétaires avaient été retirées du rapport et plutôt été envoyées par lettre directement à Claude Léger.

L'ex-directeur général affirme qu'il a essayé d'implanter des « mesures appropriées » pour contrer ces constats. Il dit avoir discuté du rapport avec le directeur du SITE, Yves Provost, en septembre 2006. Il dit avoir fait valoir que certaines problèmes pouvaient se régler à l'interne - modifier le cautionnement pour que les entrepreneurs ne connaissent plus le budget prévu, faire en sorte que la liste des soumissionnaires ne soit plus publique, etc. - mais que d'autres, comme la collusion, relevaient de la police

« Moi, comme fonctionnaire, je ne me sentais pas équipé pour faire face à ça », a dit Claude Léger.

Le témoin a aussi expliqué que l'idée de confier plus de travaux aux cols bleus était « impraticable »,  puisqu'il était impensable à l'époque d'embaucher plus de cols bleus, étant donné la situation budgétaire de la Ville.

Claude Léger a été congédié en 2009 par le maire Gérald Tremblay, dans la foulée du scandale des compteurs d'eau.

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