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Hausse des taxes : «Une expropriation déguisée», dénoncent des propriétaires

Les hausses de taxes municipales, déjà vertement critiquées par les commerçants de Québec, pourraient forcer les propriétaires de deux fermes urbaines de Beauport à abandonner leurs terres. L'un d'eux a subi une augmentation de taxes de 1000 %.

La famille Proteau occupe une terre de la rue du Vignoble, près du Centre hospitalier Robert-Giffard, depuis maintenant 300 ans. Au cours des dernières années, le développement résidentiel dans le secteur a considérablement fait grimper la valeur marchande des terrains. Le nouveau rôle d'évaluation traduit cette nouvelle réalité. La propriété de la famille Proteau, évaluée à moins de 500 000 $ l'an dernier, vaut maintenant 2,3 millions de dollars.

« Ils nous ont monté les taxes, à peu près de 1000 fois. C'est impossible avec la petite ferme qu'on a d'arriver », déplore l'actuel propriétaire de la terre familiale, Charles Proteau.

Les taxes foncières de l'agriculteur sont passées de 2200 $ à 23 500 $. L'homme de 70 ans reconnaît qu'à moins d'un revirement de situation, il risque d'être forcé de vendre sa propriété et de priver les prochaines générations de ce précieux héritage familial.

Quand on est allé voir les évaluateurs de la Ville, ils nous ont dit : " Vendez ! Vous êtes assis sur un trésor d'or. Les promoteurs sont prêts pour acheter" », raconte l'agriculteur.

Or, jusque-là, ce n'était pas une éventualité que ce dernier avait envisagée. « Je voulais mourir chez nous, mais là il nous sert. C'est comme si on égorgeait quelqu'un. On te dit que ta vie est finie », affirme-t-il tristement.

Même son de cloche sur la terre voisine dont les taxes ont augmenté de 273 %. La fille du propriétaire, Claudette Lortie, se sent bousculée. Elle affirme que les modestes revenus tirés de leur fermette ne leur permettront pas de tenir le coup.

« On se sent démuni. On ne sait pas à qui s'adresser. C'est vraiment une expropriation déguisée. Ce n'est pas eux qui vont nous aider. Eux, ils ont tout intérêt à ce que ce soit vendu et transformé en lotissement pour le développement résidentiel », avance-t-elle.

Cette dernière estime d'ailleurs faire les frais des multiples, ambitieux et coûteux, projets que la Ville mène de front.

Le maire Labeaume défend pour sa part que cette hausse est équitable et qu'elle reflète le coût réel des propriétés en 2013.

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