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27/02/2013 10:43 EST | Actualisé 29/04/2013 05:12 EDT

La Caisse de dépôt a enregistré un rendement de 9,6% en 2012

PC

MONTRÉAL - La Caisse de dépôt et placement du Québec a réussi à enregistrer un rendement légèrement supérieur à celui de son indice de référence en 2012 malgré une nouvelle contre-performance de l'un de ses plus importants portefeuilles, celui des actions canadiennes.

Le rendement de la Caisse a atteint 9,6 pour cent alors que celui de l'indice auquel elle se compare a été de 9,3 pour cent.

«Les résultats de la Caisse sont satisfaisants. Ils répondent aux besoins à long terme des déposants», a commenté le ministre des Finances, Nicolas Marceau, dans un communiqué.

Le rendement des sept plus importants déposants à la Caisse a oscillé entre 8,2 et 10,5 pour cent. C'est la Régie des rentes du Québec (RRQ) qui a obtenu le rendement de 10,5 pour cent. Le contraste est frappant avec 2011, année pendant laquelle les placements de la RRQ avaient rapporté à peine 2,8 pour cent.

Quinze des 16 portefeuilles de la Caisse ont enregistré des rendements positifs en 2012. Par contre, le rendement d'une bonne partie de ces portefeuilles est inférieur à celui des indices comparables.

La Caisse a ainsi moins bien performé que ses pairs dans la catégorie clé des actions canadiennes, où elle a obtenu un rendement de 6,6 pour cent alors que celui de l'indice a été de 7,7 pour cent.

La «révision en profondeur» de ce portefeuille de plus de 20 milliards $ annoncée il y a un an n'a donc pas donné les résultats escomptés.

«Il est clair que nous n'avons pas encore atteint la performance visée», a reconnu le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia, en conférence de presse.

L'institution a apporté de nouveaux changements dans ses stratégies d'investissement en actions canadiennes et espère qu'elle sera enfin dans le coup en 2013. Elle compte notamment acheter davantage d'actions d'entreprises canadiennes actives aux États-Unis et dans les marchés émergents afin de profiter de la reprise prévue dans ces pays.

Dans le secteur des infrastructures, la Caisse a enregistré un rendement de 8,7 pour cent, contre 15 pour cent pour l'indice. Il faut dire qu'en 2011, ce portefeuille avait affiché un rendement de 23,3 pour cent, soit près du double de celui de l'indice, 12,7 pour cent.

Les hôtels vont mal

Dans l'immobilier, le rendement s'est établi à 12,4 pour cent, contre 13,2 pour cent pour l'indice. Deux facteurs principaux ont nui aux résultats: la perte de 14 pour cent subie par le portefeuille d'hôtels et la force de la devise brésilienne, qui a fait fondre de 20 à huit pour cent le rendement de la Caisse dans ce pays émergent.

La filiale immobilière de la Caisse, Ivanhoé Cambridge, se donne quatre ou cinq ans pour vendre la plupart de la trentaine d'hôtels qu'elle possède encore au Canada, aux États-Unis, en Europe et à la Barbade.

La semaine dernière, Ivanhoé s'est départie du Hilton Toronto et deux autres cessions doivent être annoncées au cours des prochaines semaines. En fait, la taille du portefeuille hôtelier a diminué de 40 pour cent depuis 2010. La filiale de la Caisse n'a toutefois pas l'intention de vendre ses trois hôtels québécois, dont font partie le Château Frontenac et le Reine Elizabeth.

Ivanhoé Cambridge entend concentrer ses futurs investissements au Québec, aux États-Unis et au Brésil. La société doit annoncer au cours des prochaines semaines un plan d'investissement d'environ un milliard de dollars visant à rénover, agrandir et acquérir des propriétés au Québec.

PCAA

Notons que le rendement 2012 de la Caisse a reçu un bon coup de pouce de ses investissements dans du papier commercial adossé à des actifs (PCAA), qui lui avaient pourtant fait perdre des milliards de dollars en 2008. Ces titres de crédit, qui sont toujours gelés en grande partie, ont rapporté 1,7 milliard $ à la faveur d'une amélioration des conditions de marché. Sans cet apport, le rendement global de la Caisse en 2012 aurait été inférieur d'un point de pourcentage.

Sur dix ans, le rendement annualisé de la Caisse atteint 6,7 pour cent. Rappelons qu'en 2008, l'institution avait dû éponger une perte de 40 milliards $ qui s'était traduite par un rendement négatif de 25 pour cent en raison de la crise financière et du PCAA. Depuis l'arrivée de Michael Sabia à la tête de la Caisse, en mars 2009, la Caisse a enregistré un rendement annualisé de 10,7 pour cent.

«Je ne veux pas suggérer que notre performance est exemplaire ou parfaite, a affirmé Michael Sabia. À certains moments, nous avons peut-être été trop prudents et à un ou deux autres moments, peut-être un peu trop agressifs. Mais il reste que durant cette période difficile et volatile (depuis 2009), nous avons réussi à produire (des résultats de placement de) 50 milliards $.»

Au 31 décembre, l'actif net de la Caisse s'élevait à 176,2 milliards $, contre 159 milliards $ à la fin de 2011. La croissance est attribuable aux résultats de placement nets de 14,9 milliards $ et aux dépôts nets de 2,3 milliards $.

L'actif de la Caisse au Québec a progressé de 14,3 pour cent en 2012 et se chiffre désormais à 47,1 milliards $, soit 26,7 pour cent de l'actif total. La Caisse possède ainsi plus d'investissements dans la province qu'aux États-Unis, pourtant la première économie mondiale.

«Pour nous, développement économique et rendement vont toujours de pair», a assuré M. Sabia, utilisant une phrase que le ministre Marceau allait reprendre quelques heures plus tard.

Le dirigeant a estimé mercredi que «les risques extrêmes» ont diminué «de façon importante» au cours des derniers mois. Devant ce constat et compte tenu d'une possible remontée des taux d'intérêt, la Caisse a décidé de réduire graduellement son exposition aux titres à revenu fixe et d'investir de façon plus importante dans les actions, les infrastructures et l'immobilier.

Mais comme la valeur des actifs de qualité a explosé au cours des dernières années, le défi sera d'en dénicher à prix raisonnable.

La Caisse tentera par ailleurs de faire une percée dans deux pays émergents qui ne sont pas encore «sur le radar» de la plupart des investisseurs: la Turquie et la Colombie.

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