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Assurance-emploi: 330 millions$ payés en trop, mais on ignore combien en fraude

OTTAWA - Le gouvernement fédéral croit qu'il reste encore à récupérer 330 millions $ payés en trop aux prestataires d'assurance-emploi l'an dernier, mais il ignore quelle partie de cette somme est attribuable à la fraude.

De hauts-fonctionnaires du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences ont tenu une séance d'information, mercredi, pour renseigner les journalistes sur l'épineux dossier de l'assurance-emploi. Ils n'ont cependant pas été en mesure d'indiquer combien de fraudeurs avaient été débusqués et traînés devant les tribunaux.

Une chose est certaine, toutefois: le manque à gagner dans les coffres du programme n'est pas qu'attribuable à la fraude. «On parle d'erreurs, d'abus, mais aussi de paiements futurs incorrects», a spécifié une fonctionnaire.

Rien n'indique d'ailleurs que le nombre de fraudes du programme d'assurance-emploi soit en hausse. «C'est relativement constant», a-t-elle noté.

Cette séance est survenue alors que le dossier de l'assurance-emploi déchaîne toujours les passions aux Communes et dans la rue, comme en témoignent les manifestations qui se multiplient depuis la mise en oeuvre de la réforme.

En Chambre, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a admis l'existence d'une forme de primes pour les hauts-fonctionnaires de son ministère liées au bon rendement des opérations, mais cela n'a rien d'exceptionnel, a-t-elle assuré.

«Leur rémunération ou le rendement des 'exécutifs' des services d'intégrité de Service Canada ne sont aucunement différents de ce qui est accordé aux 'exécutifs' du même niveau dans l'ensemble de la fonction publique», a-t-elle assuré.

Ce ne sont donc pas les agents du service à l'intégrité qui touchent les primes, mais bien les patrons de leurs patrons.

En séance d'information, on a indiqué qu'il ne s'agissait pas de boni à proprement parler parce que la somme offerte était prélevée en amont sur la paye du haut-fonctionnaire, puis redonnée une fois les objectifs atteints.

Pour l'opposition, c'est toutefois du pareil au même.

«Même si ce sont des bonus qui sont donnés aux patrons de la fonction publique, un bonus, c'est un bonus. Et quand on est un patron dans la fonction publique, on fait sans doute des pressions sur ses employés», a soutenu le chef bloquiste Daniel Paillé.

«On peut l'appeler des bonus ou des primes, on peut l'appeler comme on voudra, mais c'est en dehors de la paie», a tranché le néo-démocrate Yvon Godin.

Visites

La Presse Canadienne révélait la semaine dernière qu'entre janvier et mars, 1200 prestataires à travers le Canada recevront la visite à domicile d'un fonctionnaire, lui remettant en mains propres une convocation à une entrevue. Même si l'existence de ces visites impromptues avait été confirmée par le ministère, leur but précis n'avait pas été révélé.

Mercredi, un fonctionnaire a indiqué que ces visites avaient pour objectif, en plus de donner l'occasion au chômeur de procéder immédiatement à un entretien avec l'employé de Service Canada s'il le souhaitait, «d'avoir une meilleure compréhension des circonstances personnelles du client».

En se rendant sur place, les agents de Service Canada peuvent notamment constater si le chômeur possède sa propre entreprise chez-lui, comme une garderie en milieu familial, par exemple.

Ces visites surprises ont suscité beaucoup de colère, si bien que le syndicat représentant les employés chargés de faire ces visites a demandé au gouvernement de les suspendre pour des raisons de sécurité. Les visites à domicile se poursuivent malgré tout à travers le pays, a noté un fonctionnaire, à l'exception de la région de Tracadie au Nouveau-Brunswick, où les manifestations ont été particulièrement bruyantes.

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