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26/02/2013 07:34 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Yémen/sud: un civil tué par balle à Aden, appels à des mesures d'apaisement

Un homme a été tué mardi dans les troubles qui secouent le sud du Yémen, où le président Abd Rabbo Mansour Hadi a promis des mesures d'apaisement selon un représentant des autonomistes sudistes.

Selon des témoins, des civils armés circulant à bord d'une voiture ont tiré sur des militants du Mouvement sudiste qui tentaient de bloquer un axe routier à Mansoura, un quartier d'Aden, touchant mortellement un gardien d'immeuble.

Une source médicale a confirmé la mort du gardien, qui selon des activistes séparatistes a été tué par des policiers en civil.

Ce décès porte à neuf le nombre de personnes tuées depuis jeudi dans les violences entre les forces de sécurité et les séparatistes dans le Sud.

Des dizaines de protestataires ont bloqué à l'aide de pierres et de pneus en feu plusieurs routes à Aden, notamment dans les quartiers de Mansoura, Dar Saad et Cheikh Othmane, entravant la circulation et perturbant l'activité commerciale de la principale ville du sud du Yémen, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Policiers et militaires ont renforcé mardi leur présence sur les intersections des principaux axes routiers, mais aucun affrontement n'a été signalé, selon des témoins.

La situation reste néanmoins tendue à Aden, comme dans d'autres provinces du Sud, où un mouvement de désobéissance civile a été lancé ces derniers jours par des séparatistes sudistes pour protester contre la répression les visant.

M. Hadi se trouve depuis samedi à Aden pour tenter de contenir la vague de violence, de crainte qu'elle ne compromette le dialogue national qu'il a convoqué pour le 18 mars.

"Nous avons rencontré pendant le week-end M. Hadi à qui nous avons demandé le limogeage du gouverneur et du chef de la police d'Aden, la prise en charge par l'Etat des blessés et des familles des victimes et la libération de tous les détenus politiques", a déclaré à l'AFP un représentant du Mouvement sudiste, Lotfi Chtara.

M. Chtara, membre du comité préparatoire du dialogue national, a indiqué que le chef de l'Etat avait promis de "prendre des mesures d'apaisement dans le Sud. Mais rien n'a été fait jusqu'à présent, ce qui n'est pas encourageant".

Un groupe des "Jeunes d'Aden" a par ailleurs annoncé dans un communiqué la suspension dès mardi du mouvement de désobéissance civile, en attendant la satisfaction des demandes du Mouvement sudiste.

"Si nos demandes ne sont pas satisfaites, il y aura dès samedi une escalade généralisée dans toutes les provinces du Sud", a déclaré à l'AFP un activiste, Nizar Haïtham.

Le président Hadi, qui s'est entretenu mardi avec des représentants de la société civile d'Aden, a préconisé "la retenue" de la part "de tous, y compris l'appareil de sécurité", sans annoncer cependant de mesures particulières.

"Nous sommes à la croisée des chemins" et "le dialogue national offre une occasion historique qui ne se répètera pas", a dit le chef de l'Etat, en rappelant que la question sudiste devrait être au menu du dialogue.

La tendance dure du Mouvement sudiste, dirigée par l'ancien vice-président Ali Salem Al-Baïd qui vit en exil au Liban, réclame la sécession du Sud, un Etat indépendant jusqu'en 1990, et refuse de participer au dialogue national.

Ce dialogue doit permettre l'élaboration d'une nouvelle Constitution et la préparation des élections prévues en février 2014, au terme d'une période de transition de deux ans, après le départ négocié de président Ali Abdallah Saleh.

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