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26/02/2013 10:46 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Yassine Bakouche, un comique emporté par la guerre en Syrie

Il a fait rire des millions d'Arabes en incarnant des personnages à la fois simplets et touchants, mais à 75 ans, le comédien syrien Yassine Bakouche a rejoint la cohorte des dizaines de milliers de victimes de la guerre dans son pays.

Cette star de l'âge d'or de la comédie télévisée syrienne a été fauchée dimanche par une roquette qui s'est abattue sur sa voiture dans le sud de Damas, selon des militants, qui ont accusé le régime d'être à l'origine des tirs.

La télévision syrienne a également rapporté l'information, faisant de son côté assumer aux rebelles la responsabilité de la mort de l'artiste.

Des vidéos sur internet ont montré de terribles images du corps de Yassine Bakouche, son visage ensanglanté.

"L'enfer syrien dévore 'Yassino', icône de la comédie syrienne", écrivait lundi le quotidien libanais Al-Akhbar, en référence à une variante de son prénom inspirée de l'accent populaire syrien.

"La guerre en Syrie continuera jusqu'à ce qu'ils aient assassiné tout ce qui reste de beau dans la mémoire d'un peuple et d'une nation", poursuit le journal, qui à l'image des autres journaux arabes et des réseaux sociaux, a exprimé sa stupeur après le décès de l'acteur, né en 1938.

"Lui qui ne connaissait que le sourire (...) a quitté Damas malgré lui, après y avoir connu l'odeur de la mort", commente le quotidien panarabe Al-Hayat.

"Comme tu nous as fait rire de ton vivant, comme ta mort nous a fait pleurer", a tweeté Ali Hashem, un journaliste basé à Beyrouth.

Dans la célèbre série télévisée en noir et blanc des années 70, "Sah el-Nom" (Bonjour), il avait fait rire aux larmes le public arabe en jouant le rôle de "Yassino", un employé d'hôtel naïf et coeur d'or, toujours prêt à se plier en quatre pour tirer d'affaire son collègue Ghawwar, incarné par l'autre star de la comédie syrienne Doreid Lahham.

Mais si M. Lahham s'est vu accuser de défendre le régime de Bachar al-Assad, Yassine Bakouche ne s'est jamais exprimé en public sur le conflit sanglant qui déchire son pays depuis près de deux ans, même si des militants ont affirmé qu'il était partisan de la révolution lancée en mars 2011.

Alors que les combats s'intensifiaient à la périphérie de la capitale syrienne, il a continué à vivre dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud de Damas.

Une vidéo le montre à bord de sa voiture il y a quelques semaines en train de traverser un barrage de rebelles dans le camp souvent en proie aux bombardements et aux combats.

Le caractère sympathique de "Yassino" lui est resté à jamais associé, même s'il a participé à d'autres feuilletons et films.

Le quotidien francophone libanais L'Orient le Jour relève que dimanche soir, tandis que "l'Académie des Oscars célébrait les meilleurs acteurs du cinéma hollywoodien et international, les Syriens, eux, pleuraient la perte d'une figure mythique de la comédie arabe".

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