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26/02/2013 07:10 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Une roquette de Gaza tombe en Israël pour la 1ère fois depuis trois mois

Une roquette tirée de la bande de Gaza a explosé mardi matin près d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, sans faire de blessé, a indiqué la police soulignant qu'il s'agissait du premier tir depuis l'opération israélienne de novembre contre le territoire palestinien.

"La roquette est tombée tôt dans la matinée près d'Ashkelon et a provoqué quelques dégâts sur une route, sans faire de victime", a précisé à l'AFP Micky Rosenfeld, porte-parole de la police. "Il s'agit du premier tir de ce genre depuis la fin de l'opération Pilier de Défense, le 21 novembre", a-t-il souligné.

Selon la radio publique israélienne, citant des responsables militaires, il s'agit d'une roquette améliorée de type "Grad M75", utilisée pour la première fois.

Un groupe armé issu du mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, a revendiqué le tir, affirmant qu'il s'agissait de "représailles" à la mort samedi d'un Palestinien détenu par Israël à la suite de "tortures", selon l'Autorité palestinienne.

"A titre de première riposte à l'assassinat du prisonnier héroïque Arafat Jaradat, nous revendiquons le tir d'une roquette Grad sur Ashkelon mardi à 06H00 (04H00 GMT)", ont affirmé dans un communiqué les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, qui l'avaient salué comme un de leurs membres et promis de le venger.

Un porte-parole du Hamas, au pouvoir à Gaza, Sami Abou Zouhri, a néanmoins affirmé à l'AFP qu'il n'y avait "pas de confirmation de tir de roquette du côté palestinien", ajoutant que "l'occupant portait la responsabilité du meurtre d'Arafat Jaradat et de toutes les conséquences qui en découlent".

Ce décès a déclenché des affrontements en Cisjordanie entre manifestants palestiniens et militaires israéliens qui ont fait des dizaines de blessés palestiniens.

A la suite du tir de roquette, Israël a fermé le terminal de Kerem Shalom, seul point de transit pour les marchandises avec la bande de Gaza, et partiellement celui d'Erez, destiné aux personnes, a indiqué à l'AFP un responsable palestinien en charge de la coordination avec Israël, Maher Abou Al-Ouf.

Dans un communiqué militaire, Israël a confirmé avoir limité l'accès à Erez et stoppé les opérations à Kerem Shalom en raison d'une "directive gouvernementale", sans préciser combien de temps ces mesures seraient appliquées.

L'ONG humanitaire israélienne Gisha a qualifié la décision israélienne de "punition collective" visant la population civile de Gaza.

Le président Shimon Peres a pour sa part affirmé qu'Israël trouverait les moyens "de répliquer de façon adéquate" aux tirs de roquettes. "L'Autorité palestinienne comprend que revenir à la violence constituerait une catastrophe c'est d'ailleurs ce que disent ses dirigeants, nous devons agir ensemble pour ramener le calme", a déclaré le président israélien à la radio publique.

Le coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry s'est pour sa part déclaré dans un communiqué "profondément troublé par la reprise des tirs indiscriminés de roquette à partir de Gaza, qui sont totalement inacceptables", relevant "l'importance des efforts déployés par l'Egypte pour consolider la trêve conclue en novembre".

Israël et le Hamas ont conclu par l'intermédiaire de l'Egypte un cessez-le-feu entré en vigueur le 21 novembre.

Les hostilités entre l'armée israélienne et les groupes palestiniens de Gaza, du 14 au 21 novembre, ont coûté la vie à 177 Palestiniens, dont plus d'une centaine de civils, ainsi qu'à six Israéliens, quatre civils et deux militaires, selon les bilans des deux camps.

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