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26/02/2013 01:13 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Syrie: combats dans la mosquée historique des Omeyyades à Alep (ONG)

De violents combats avaient lieu mardi dans l'enceinte de la grande Mosquée des Omeyyades à Alep (nord), joyau historique de la deuxième ville de Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les rebelles sont entrés dans la mosquée, sous contrôle des forces du régime, après avoir pris son entrée-sud, a affirmé l'OSDH, qui a fait état de combats intenses dans l'enceinte de la mosquée, ainsi dans la vieille ville d'Alep, toutes deux classées au patrimoine mondial de l'Unesco.

Un peu plus tôt, l'agence officielle Sana avait rapporté qu'"une charge explosive placée par des terroristes (avait) endommagé l'enceinte sud de la grande mosquée des Omeyyades à Alep et le secteur proche", ajoutant que "ce n'est pas la première fois que des groupes terroristes armés attaquent la mosquée".

Le terme "terroristes" désigne dans la terminologie du régime les opposants et les rebelles qui ont lancé en mars 2011 une révolte populaire contre le pouvoir du président Bachar al-Assad.

Une partie de la mosquée des Omeyyades avait déjà subi d'importants dommages à la suite de combats entre rebelles et troupes du régime, qui avaient repris le 14 octobre le contrôle total de la mosquée, tombée partiellement aux mains des rebelles la veille, selon une source militaire et une ONG.

A l'intérieur de cette mosquée construite au VIIIe siècle, puis rebâtie au XIIIe siècle, des tapis, des meubles et des exemplaires du Coran avaient été brûlés et des vitres brisées, avait constaté à l'époque un journaliste de l'AFP.

Par ailleurs, les combats se poursuivaient mardi autour de l'académie de police de Khan al-Assal, l'un des derniers bastions loyalistes dans l'ouest de la province d'Alep, et théâtre d'affrontements acharnés depuis plusieurs jours, selon l'OSDH.

"Les insurgés ont pris position dans une usine de câbles où s'étaient retranchés des soldats du régime", a rapporté l'OSDH, qui dispose d'un important réseau de militants et de médecins à travers la Syrie. Les combats, dimanche et lundi, avaient causé la mort de 45 soldats et de 26 rebelles.

Ailleurs, des frappes aériennes ont visé les province de Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Raqa (nord) ainsi que la ville de Deir Ezzor (est).

Tôt le matin à Deir Ezzor, deux avions de combat Mig ont survolé, à basse altitude, durant trois heures le quartier de Cheikh Yassine, larguant au moins 50 bombes sur des positions rebelles, selon un correspondant de l'AFP.

Les frappes ont été accompagnées de pilonnage à l'artillerie légère et lourde, et les troupes du régime ont tenté d'ouvrir une brèche dans la ligne de défense rebelle.

"Ils préparent une offensive depuis une semaine et ont envoyé des renforts à l'entrée du quartier", a affirmé un commandant rebelle local, Khaled Ben al-Walid.

A Damas, trois enfants sont morts dans des bombardements visant le quartier de Jobar (est), selon l'OSDH qui donne un bilan provisoire de 97 morts, dont 39 civils, mardi à travers le pays.

Lundi, 154 personnes avaient été tuées, selon cette ONG basée en Grande-Bretagne.

L'Unicef s'est dite mardi "horrifiée par la mort rapportée d'au moins 70 enfants dans des frappes de missiles ayant touché des quartiers résidentiels d'Alep les 18 et 22 février".

Ces dernières attaques "soulignent l'urgence de mettre un terme à une crise qui dure depuis bientôt deux ans", a-t-elle affirmé dans un communiqué, en "demandant de nouveau à toutes les parties de s'assurer que les civils, et en particulier les enfants, soient tenus en permanence à l'écart du conflit".

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