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26/02/2013 10:38 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Rigueur annoncée: Obama au chevet des sous-traitants de la défense

Le président Barack Obama devait sonner l'alarme au sujet de la cure d'austérité forcée qui guette les Etats-Unis dans trois jours faute d'action du Congrès, lors d'un déplacement mardi sur un chantier naval de Virginie (est) sous contrat avec la marine.

M. Obama va se rendre à Newport News sur la façade Atlantique, non loin de Norfolk, la plus grande base navale américaine. La Maison Blanche a choisi cette région car elle abrite de nombreux sous-traitants du Pentagone.

Le budget de la défense souffrira le plus des coupes généralisées dans les dépenses qui se produiront automatiquement dès vendredi, faute d'accord au Congrès sur un plan de réduction des déficits depuis un an et demi.

Le président et son camp démocrate disent souhaiter une "approche équilibrée" pour remettre les comptes publics sur les rails, après un premier mandat marqué par des déficits budgétaires annuels supérieurs à 1.000 milliards de dollars et une dette publique dépassant les 16.000 milliards: des coupes, mais aussi davantage de recettes via une hausse des impôts pour les plus aisés.

Les républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants souveraine en matière de budget, refusent quant à eux tout alourdissement supplémentaire de la fiscalité, surtout après avoir consenti à des impôts plus élevés pour les hauts revenus lors d'un précédent marchandage début janvier.

Si l'impasse se confirme au Congrès, les coupes de 85 milliards de dollars prenant effet à partir de vendredi pourraient être dommageables à une croissance déjà anémique, a prévenu mardi le président de la banque centrale américaine, Ben Bernanke.

La Maison Blanche, qui cherche à faire endosser aux républicains la responsabilité de cette rigueur forcée, met en garde depuis des jours contre ses conséquences concrètes: congés sans soldes pour les fonctionnaires ou encore attentes plus longues dans les aéroports ou sécurité des frontières compromise.

"Ce que nous faisons aux soldats est un scandale"

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A Newport News, M. Obama devrait évoquer les 90.000 employés de la sous-traitance du Pentagone qui risquent d'être mis au chômage rien qu'en Virginie. Le président affirmera que "la seule raison pour laquelle ces coupes se produiront est le refus par des républicains du Congrès" de réclamer davantage d'efforts aux plus aisés, selon un responsable de la Maison Blanche.

L'entreprise "Newport News Shipbuilding" où M. Obama s'exprimera à partir de 13H05 (18H05 GMT) construit les nouveaux porte-avions nucléaires de la classe Gerald-Ford, ainsi que des sous-marins atomiques.

Les républicains accusent quant à eux le dirigeant, un mois après sa seconde investiture, de passer davantage de temps à faire campagne et "faire peur" aux Américains qu'à essayer de trouver des solutions à Washington.

Une partie d'entre eux estiment toutefois que cette austérité forcée constitue un pas dans la bonne direction pour réduire les déficits, même aux dépens d'un budget du Pentagone qui faisait jadis figure de "vache sacrée" au sein du parti conservateur.

En l'absence d'accord, et étant donné que les coupes doivent prendre effet graduellement, la prochaine échéance pour tenter de parvenir à une solution pourrait se produire fin mars, quand le Congrès est censé renouveler le financement des opérations gouvernementales.

Le poids lourd républicain du Sénat John McCain a estimé lundi - à l'unisson de responsables de la Maison Blanche - que les élus seraient davantage incités à trouver un compromis une fois que ces coupes auraient eu des effets concrets.

"Je pense que le mécanisme qui forcera (à négocier) sera les pertes d'emplois" et l'effet de cette austérité sur les militaires, a-t-il dit. "Ce que nous faisons aux soldats est un scandale", s'est indigné M. McCain, ancien haut gradé de la marine.

col-tq/rap