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26/02/2013 11:28 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

«Les Manèges humains»: au cœur de l'excision; un film présenté aux Rendez-vous du cinéma québécois (VIDÉO/PHOTOS)

Il y avait du monde, hier, pour la première du film Les Manèges humains, présenté dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois à la Cinémathèque de Montréal. Le réalisateur Martin Laroche est venu fouler le «tapis bleu» en compagnie de ses acteurs: Marie-Evelyne Lessard, Normand Daoust et Alexandre Dubois.

Les Manèges humains - encensé par le magazine américain Variety - a déjà fait le tour de quelques festivals internationaux d’où il est revenu avec de très bonnes critiques. «Je suis très content de l’accueil fait à l’étranger, j’espère maintenant que le public québécois va se déplacer nombreux pour aller le voir», a déclaré Martin Laroche.

Pour son troisième long métrage, le cinéaste, qui signe ici son premier film professionnel, n’a pas hésité à aborder le thème douloureux de l’excision. On y fait la connaissance de Sophie, jeune Québécoise d’origine africaine, qui prend la caméra afin de réaliser une vidéo promotionnelle.

Mais au fur et à mesure de ses enregistrements, Sophie s’en vient soudainement à parler de son passé et en extirpe peu à peu un terrible secret. «L’histoire se déroule dans une fête foraine. Les circonstances ont fait que j’ai eu la chance de tourner dans ce décor très particulier aux tendances felliniennes. Entre les manèges et la vie en roulotte, les personnages du récit apprennent à se connaître et à se dévoiler.», a-t-il raconté.

Tout a commencé par la lecture du livre-choc Insoumise de l’écrivaine et politicienne hollandaise d’origine éthiopienne Ayaan Hirsi Ali. «Elle y parle de sa vie en Afrique et de son expérience de l’excision. Une biographie qui m’a beaucoup touché et qui m’a fait l’effet d’un détonateur», a expliqué Martin Laroche.

Avec Les Manèges humains, le réalisateur a décidé de mettre en scène la mutilation subite par une jeune Québécoise née en Afrique. «Je ne voulais pas faire un pamphlet. Ce qui m’intéressait au départ, c’était la mutilation et ses conséquences sur la vie d’une jeune femme», a-t-il dit.

Martin Laroche est donc allé fouiller au plus profond de son sujet. «L’excision est un phénomène complexe qu’il ne faut pas prendre à la légère. J’ai lu énormément et je suis même allé rencontrer un gynécologue spécialisé sur la question», a-t-il affirmé.

Au-delà du traumatisme

Lorsque Sophie, incarnée par l’actrice Marie-Evelyne Lessard, prend la caméra, l’œil de l’objectif devient dès lors le regard du spectateur. «La caméra subjective m’a permis de rentrer dans l’intimité de mon personnage principal. Cette vidéo promotionnelle qu’elle doit tourner pour son employeur devient le prétexte qui amènera Sophie à retourner dans son propre passé», a déclaré la comédienne.

Ainsi, Marie-Evelyne Lessard se retrouve très rarement devant la caméra. Sous ses allures de docu-fiction, le film est surtout un témoignage, une sorte de journal intime. «Il m’a fallu un peu de temps pour m’adapter. J’ai dû oublier les gestes pour travailler ma voix. C’est vrai qu’elle se confesse, mais c’est aussi l’unique moyen qu’elle a trouvé pour permettre de passer au travers de ses douleurs et de vivre sa vie», a-t-elle confié.

Les Manèges humains – K-Films Amérique – Drame – 89 minutes – Sortie en salles le 1er février 2013 – Canada, Québec.

Merci à Zabmag.com.

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