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26/02/2013 10:52 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Les compressions menacent la capacité de déploiement de l'armée, selon un expert

Les compressions budgétaires imposées à la Défense nationale entameront inévitablement la capacité de l'armée canadienne à mener des missions de longue haleine sur le territoire national et à l'étranger, affirme un expert en défense.

Une nouvelle série d'estimations budgétaires déposées cette semaine au Parlement, avant la présentation du budget fédéral, laisse entendre que les trois secteurs des Forces canadiennes seront touchés par l'austérité dans un domaine appelé « préparation ».

Il s'agit de la quantité d'argent dépensé par la Défense pour garder les soldats, marins et pilotes, ainsi que leur équipement et véhicules, entraînés et prêts à être déployés dans des régions troublées du Canada ou ailleurs dans le monde.

Dans une lettre adressée l'an dernier au ministre de la Défense Peter MacKay, le premier ministre Stephen Harper a indiqué qu'il voulait que cette capacité d'intervention soit préservée, et que davantage d'attention soit portée aux compressions dans les services administratifs.

Les projections budgétaires dévoilées cette semaine, qui pourraient être modifiées lorsque le ministre des Finances Jim Flaherty présentera son budget dans quelques semaines, indiquent toutefois que jusqu'à 1 milliard de dollars des 2,3 milliards de dollars en compressions prévues proviendrait de cette « préparation » à une intervention.

L'armée pourrait perdre jusqu'à 22 % de ses capacités financières, et la marine pourrait en perdre de 17 à 20 %, disent des sources bien informées.

L'armée de l'air, de son côté, risque des compressions légèrement moindres.

D'autres réductions sont attendues pour l'an prochain, alors qu'une série d'engagements à l'étranger prendront fin, et que le gouvernement n'en a pas prévu d'autres au budget.

Selon l'expert en défense Dave Perry, qui a mené l'automne dernier une analyse sans précédent sur l'impact des mesures d'austérité conservatrices sur l'armée, l'armée se retrouvera, en vertu de ces compressions, dans le même état qu'au début de la guerre en Afghanistan, alors que le Canada ne pouvait participer aux missions alliées que pour des périodes de six mois à la fois.

Une porte-parole de M. MacKay a indiqué, jeudi, que ces coupes étaient prévisibles. « Le rythme des opérations normales revenant à la normale à la fin de la mission de combat en Afghanistan, nos dépenses seront normalement réduites. »