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26/02/2013 09:33 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Côte d'Ivoire: Amnesty affirme que la justice manque d'impartialité

ABIDJAN, Côte d’Ivoire - Les partisans de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo sont victimes d'injustices et de mauvais traitement, et le gouvernement de la Côte d'Ivoire ne voit pas à leur sécurité dans l'ouest du pays, affirme un rapport publié mardi par Amnesty International.

Le document de 86 pages prévient que cette situation complique toute réconciliation près de deux ans après que des violences postélectorales aient amené le pays au bord de la guerre civile.

Le rapport affirme que les responsables de violations graves des droits de la personne ne semblent pas avoir été traduits en justice ou même suspendus de leurs fonctions.

Gbagbo a refusé de quitter son poste après avoir été défait par Alassane Ouattara lors des élections présidentielles de novembre 2010. Les violences qui ont suivi ont fait quelque 3000 morts. Des journalistes, des militants des droits de la personne et les Nations Unies ont récolté amplement de preuves démontrant que les partisans des deux hommes se sont rendus coupables d'atteintes graves aux droits de la personne.

Le nouveau rapport démontre que les crimes attribués aux partisans de M. Ouattara se poursuivent, notamment en réaction aux attaques perpétrées contre des installations de sécurité depuis le mois d'août. Les Nations Unies recensent 23 attaques de ce genre qui auraient fait 60 morts. Le gouvernement Ouattara blâme les partisans de Gbagbo.

En réponse à ces attaques, l'armée ivoirienne a interpelé des centaines de suspects qui ont, dans certains cas, été détenus dans des prisons illégales, comme des camps militaires ou des maisons privées. Plusieurs détenus se sont vus refuser l'accès à un avocat, et le rapport indique qu'ils ont été battus avec des matraques et des barres de fer, brûlés avec du plastique fondu, agressés sexuellement et plongés tête première dans des barils remplis d'eau.

Amnesty dit avoir rencontré une dizaine d'hommes qui auraient été battus et électrocutés au camp de San Pedro. Au moins deux personnes auraient été torturées à mort, dont un policier à qui le président Ouattara a ensuite remis une médaille, selon Amnesty, pour faire croire qu'il avait été tué lors des attaques.

D'autres suspects ont été arrêtés simplement parce qu'ils appartiennent à des groupes ethniques qui appuient traditionnellement Gbagbo.

Le rapport déplore qu'aucun partisan de M. Ouattara n'aient été mis en accusation, tandis que 55 partisans de Gbagbo font face à la justice. L'ancien président lui-même est actuellement entre les mains de la Cour pénale internationale.