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25/02/2013 12:55 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Soudan: plus de 500 morts cette année dans les violences au Darfour (député)

Au moins 500 personnes ont été tuées et près de 900 autres blessées depuis début janvier dans des affrontements entre tribus arabes dans une zone de mines d'or au Darfour, a affirmé lundi Adam Sheikha, un député de cette région de l'ouest du Soudan.

Ce bilan est bien plus élevé que ceux communiqués jusqu'à présent sur les combats entre les tribus des Rezeigat et des Beni Hussein pour le contrôle de mines d'or dans la région de Jebel Amir, dans le Darfour-Nord, et ne concerne que la seconde tribu, à laquelle appartient M. Sheikha.

Ces récentes violences illustrent le changement de nature du conflit au Darfour, qui commémore mardi le dixième anniversaire du début d'un soulèvement de tribus noires contre le pouvoir central de Khartoum, dominé par les Arabes.

"Le nombre de martyrs (pour la période) du 6 janvier au 23 février est de 510, dont des femmes et des enfants. Et 865 autres personnes ont été blessées", a déclaré M. Sheikha, précisant que toutes ces victimes faisaient partie de la tribu des Beni Hussein.

Le nombre de victimes au sein des Rezeigat est pour le moment inconnu. Aucun responsable de cette tribu n'a pu être joint pour le moment.

Le 30 janvier, Amnesty International avait évoqué un bilan de 200 morts dans les violences.

Depuis le début de l'année, 68 villages ont été entièrement brûlés et 120 en partie incendiés, et des femmes ont été violées, a précisé M. Sheikha, député de la circonscription d'El-Sireaf, où les combats ont eu lieu, et membre du parti du Congrès national, le parti du président Omar el-Béchir.

Des habitants d'El-Sireaf avaient rapporté samedi une attaque à la mitrailleuse lourde et au lance-grenades menée par des miliciens de la tribu des Rezeigat, évoquant un bilan de plus de 50 morts.

Le gouverneur du Darfour-Nord, Osmane Kbir, a assuré lundi que des responsables étaient en train de "contenir la situation et de normaliser la vie à El-Sireaf, après une intervention des forces armées", selon l'agence officielle Suna.

Dimanche, les soldats de la Mission conjointe ONU/Union africaine au Darfour (Minuad) ont transporté par les airs 37 blessés civils, dont une femme et deux enfants, vers El-Facher, chef-lieu du Darfour-Nord, selon un communiqué de la Minuad lundi soir.

Selon M. Sheikha, près de 20.000 familles ont été déplacées par les violences depuis début janvier, soit près de 200.000 personnes. L'ONU avait indiqué fin janvier que plus de 100.000 personnes avaient été poussées à la fuite ou fortement affectées par les violences, venant s'ajouter au 1,4 million de déplacés toujours bloqués dans des camps au Darfour.

Lundi, le représentant et coordinateur humanitaire de l'ONU au Soudan, Ali Al-Zaatari, a exprimé "sa profonde inquiétude concernant la sécurité et le bien-être des civils" à El-Sireaf, où la plupart des déplacés ont trouvé refuge, dans des conditions humanitaires difficiles.

La semaine dernière, un haut responsable du Darfour, Eltigani Seisi, avait déclaré à l'AFP que le "problème majeur" de la région, dix ans après le début de la guerre civile, n'était plus les attaques rebelles mais la "violence ethnique" comme celle en cours au Jebel Amir.

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