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25/02/2013 10:31 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Pas d'avancées dans les pourparlers sur le gouvernement tunisien (parti)

Les pourparlers sur la formation d'un nouveau gouvernement tunisien n'ont pas avancé, notamment sur la question clé de la neutralité des ministères régaliens, a appris lundi l'AFP auprès d'Ettakatol, un des partis laïques alliés aux islamistes d'Ennahda dans le cabinet sortant.

"Il n'y a rien de conclu. Nous avons maintenu nos conditions, à savoir la neutralité des ministères de souveraineté et l'élargissement (de la coalition) pour un consensus national", a déclaré Mohamed Bennour, porte-parole de ce parti laïque de centre-gauche.

Cette formation et une large partie de la classe politique tunisienne insistent pour que les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères soient confiés à des indépendants, ce à quoi les islamistes sont réticents.

L'islamiste Ali Larayedh, ministre de l'Intérieur sortant qui a été désigné vendredi pour former un nouveau cabinet, "a reçu nos exigences. (Ennahda) est en train de les étudier. Peut-être qu'il y aura une rencontre ce soir ou demain matin pour savoir dans quel sens ils vont", a relevé M. Bennour.

Il a aussi jugé que l'annonce faite durant le week-end par le chef d'Ennahda Rached Ghannouchi de la formation dès cette semaine d'une coalition de cinq partis, dont Ettakatol, était "du n'importe quoi".

M. Bennour a noté que faute d'un accord sur les revendications de son parti, toute annonce sur une alliance avec d'autres formations était prématurée.

M. Larayedh a jusqu'au 8 mars pour former un cabinet censé sortir le pays de la profonde crise politique qu'il traverse depuis l'assassinat de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd début février. Il ne s'est pas exprimé depuis sa nomination.

Le Premier ministre sortant, Hamadi Jebali, a été contraint à la démission après que son propre parti Ennahda a fait échouer son projet de gouvernement de technocrates.

En théorie, avec 89 députés, Ennahda peut réunir assez facilement les 109 élus sur 217 à l'Assemblée nationale constituante (ANC) nécessaires à l'approbation du gouvernement, mais M. Larayedh doit trouver un soutien bien plus large pour pouvoir prétendre à sortir la Tunisie de la crise.

La vie politique est paralysée depuis des mois, l'Assemblée nationale constituante n'ayant pas trouvé, après 16 mois de débats et plus de deux ans après la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, de consensus sur la future Constitution.

alf/cco