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25/02/2013 07:54 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Les Emirats refoulent un universitaire, critique de la politique de Bahreïn

Les Emirats arabes unis ont annoncé lundi avoir interdit l'entrée dans le pays à un universitaire occidental, jugé trop critique de la politique de Bahreïn, une monarchie voisine du Golfe.

L'universitaire, Kristian Coates Ulrichsen, a été refoulé vendredi alors qu'il devait s'adresser à une conférence régionale sur Bahreïn, co-organisée par l'Université américaine de Charjah, membre de la fédération des Emirats, et son institut, London School of Economics and Politics (LSE), a précisé le ministère des Affaires étrangères.

En conséquence, le LSE s'est retiré de la conférence, placée sous le thème "Le nouveau Moyen-Orient: la transition dans le monde arabe", qui a été finalement annulée.

"Les Emirats soutiennent pleinement les efforts du gouvernement de Bahreïn et des groupes de l'opposition pour régler la situation par le dialogue pacifique", a affirmé le ministère dans un communiqué publié par l'agence officielle Wam.

Or, a-t-il poursuivi, "Ulrichsen a constamment exprimé des points de vue mettant en cause la légitimité de la monarchie à Bahreïn".

"Les Emirats ont estimé qu'à ce stade extrêmement sensible du dialogue national à Bahreïn, il serait inutile de permettre à des idées non constructives sur la situation à Bahreïn de s'exprimer depuis un autre pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG)", selon le communiqué.

M. Ulrichsen a indiqué samedi sur Twitter qu'il était rentré à Londres après avoir été refoulé des Emirats où on lui a fait savoir que son nom figurait sur "une liste noire".

Cette interdiction a suscité sur les réseaux sociaux un débat sur l'annulation par le LSE de sa participation à la conférence, en signe de protestation.

"Bravo LSE pour (cette) position de principe", a écrit Sarah Leah Whitson, directrice exécutive de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient.

M. Ulrichsen a écrit l'an dernier une étude intitulée: "Après le Printemps arabe, changement de pouvoir au Moyen-Orient: une révolution avortée à Bahreïn".

Les forces bahreïnies, soutenues par des troupes du Golfe, notamment d'Arabie saoudite, ont maté à la mi-mars 2011 un mois de contestation, animé par des chiites, majoritaires à Bahreïn, qui revendiquent une monarchie constitutionnelle dans ce pays dirigé par une dynastie sunnite.

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