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25/02/2013 06:31 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

La Syrie prête à dialoguer avec les insurgés

BEYROUTH - Le gouvernement syrien a déclaré lundi qu'il était prêt à dialoguer avec les insurgés qui tentent de renverser le président Bachar el-Assad, premier signe de l'inquiétude grandissante du régime par rapport à ses chances de rester au pouvoir.

Pendant ce temps, la Coalition de l'opposition syrienne est revenue sur sa décision de boycotter une rencontre à Rome portant sur le soutien politique et financier de la communauté internationale à l'insurrection.

Walid al-Bunni, un porte-parole de la Coalition, a affirmé que l'organisation avait changé d'avis à la suite d'une conversation téléphonique entre son chef, Mouaz al-Khatib, et le secrétaire d'État américain, John Kerry.

L'appel au dialogue du gouvernement syrien, fait par le ministre des Affaires étrangères Walid al-Moallem lors d'une visite à Moscou, a été lancé quelques heures avant que des résidants de Damas et la télévision d'État syrienne ne rapportent qu'une importante explosion et plusieurs autres plus petites s'étaient produites dans la capitale, suivies d'un échange nourri de coups de feu.

Selon l'agence de presse officielle SANA, la déflagration a fait plusieurs morts et aurait été causée par une bombe dissimulée dans une voiture. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a affirmé que l'attentat-suicide visait un point de contrôle et que les premiers renseignements qu'il avait obtenus faisaient état de cinq victimes au sein des forces du régime et de plusieurs blessés.

C'est la première fois qu'un haut responsable du gouvernement syrien annonce que ce dernier est prêt à discuter avec les rebelles. M. Al-Moallem n'a cependant pas précisé si le régime exigerait que les rebelles déposent les armes avant d'amorcer les négociations.

Il est peu probable que la proposition de lundi débouche sur des pourparlers. Les insurgés ont promis de continuer à se battre jusqu'à ce que Bachar el-Assad soit renversé et ils n'accepteront sans doute pas de discuter avec un leader qu'ils accusent d'avoir commis des atrocités.

Mais le fait que l'offre soit présentée maintenant pourrait indiquer que le régime songe à s'entendre avec l'opposition. Les insurgés syriens ont remporté plusieurs victoires stratégiques au cours des dernières semaines et Assad pourrait être plus réceptif à un compromis qui l'empêcherait de perdre encore plus de terrain.

Par ailleurs, une émeute a éclaté pendant la nuit dans un camp de réfugiés syriens en Jordanie, faisant trois blessés dont un policier jordanien.

La violence aurait éclaté en fin de journée dimanche au camp de Zaatari et se serait poursuivie jusqu'en début de journée lundi. Des rumeurs selon lesquelles les policiers jordaniens harcelaient sexuellement les Syriennes avaient commencé à circuler.

Environ 300 réfugiés syriens s'en sont pris aux policiers qui gardent l'entrée du camp, et ceux-ci ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

Enfin, le photojournaliste français Olivier Voisin est devenu dimanche le 23e journaliste tué lors des combats en Syrie. L'homme de 38 ans avait été blessé la veille par des éclats d'obus.

Quelque 400 000 Syriens ont trouvé refuge en Jordanie depuis le début de la guerre civile dans leur pays il y a près de deux ans. L'ONU estime que ce conflit a fait environ 70 000 morts.