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25/02/2013 01:57 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

La croissance économique du pays fait face à de nouveaux défis, affirme Carney

LONDON, Ont. - La croissance économique du pays fait face à de nouveaux défis tandis que la faiblesse des exportations pèse lourdement sur les perspectives de la Banque du Canada, a affirmé lundi le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney.

«Nous avons revu à la baisse notre prévision d'exportations car nous voyons un défi en matière de concurrence — une question de productivité», a déclaré M. Carney à la suite d'un discours prononcé en présence d'étudiants de la Western University de London, en Ontario.

«La performance des exportations a été inférieure en moyenne à ce à quoi nous nous attendions», a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la banque centrale canadienne a tenu ces propos à la suite de la publication, la semaine dernière, de décevantes données économiques. L'inflation a chuté à son niveau le plus bas en trois ans, et la saison des achats des fêtes de fin année n'a pas correspondu aux attentes, tout cela ayant fait perdre du terrain au dollar canadien face à la devise américaine.

De nouveaux signes de faiblesse sont attendus, vendredi, alors que Statistique Canada rendra publiques ses données sur le produit intérieur brut (PIB) pour le mois de décembre.

Plus tôt en journée, M. Carney a estimé qu'il faudrait davantage que de nouvelles réglementations sévères pour rétablir la confiance envers le système bancaire mondial à la suite de la crise financière.

Lors de son discours prononcé lundi à la Western University, le gouverneur de la Banque du Canada a estimé que les vastes réformes financières entreprises par le G20 y contribueraient pour beaucoup, mais qu'elles ne suffiraient pas.

Afin de restaurer la confiance envers les banques et l'ensemble du système financier, les institutions financières mondiales doivent redécouvrir leurs valeurs, a indiqué M. Carney.

Au niveau des entreprises, il incombe au conseil d'administration et à la haute direction de redéfinir leur système de valeurs, d'établir clairement la raison d'être de leur organisation et de prôner une culture d'entreprise fondée sur l'éthique, a ajouté le gouverneur de la banque centrale.

Depuis la crise financière, plusieurs grandes banques mondiales ont été accusées de manipulation d'indices de référence clés, de blanchiment d'argent et d'utilisation non autorisée de fonds de clients.

M. Carney a indiqué que la baisse de confiance à l'égard du système financier avait eu pour effet d'accroître le coût du capital et d'en diminuer la disponibilité pour les entreprises non financières.

«Le capitalisme financier n'est pas une fin en soi, mais un moyen de favoriser l'investissement, l'innovation, la croissance et la prospérité. L'activité bancaire repose fondamentalement sur l'intermédiation, à savoir la mise en relation d'emprunteurs et d'épargnants au sein de l'économie réelle», a-t-il déclaré.

Mark Carney quittera la Banque du Canada, plus tard cette année, afin de devenir le gouverneur de la Banque d'Angleterre.