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25/02/2013 04:10 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

La contestation judiciaire de Muskrat Falls devra attendre

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - L'audition de la contestation du projet hydroélectrique Muskrat Falls, au Labrador, a été ajournée, lundi, le temps que la juge examine une requête de récusation.

La juge Gillian Butler, de la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, a indiqué qu'elle devrait rendre sa décision par écrit la semaine prochaine.

Brad Cabana tente de faire invalider le projet de développement hydroélectrique de 7,7 milliards $ sur le fleuve Churchill à Muskrat Falls, au Labrador. Il estime que si on statuait que le projet, une fois construit, viole la Constitution, il en coûterait une fortune à la province — et aux Terre-Neuviens.

Mais d'entrée de jeu, vendredi, M. Cabana a soutenu que la juge devrait se retirer de l'affaire à cause de ses liens professionnels, personnels et politiques. Selon lui, Mme Butler a déjà représenté des compagnies hydroélectriques, et elle a versé des contributions dans le passé au Parti progressiste-conservateur (PPC), qui dirige actuellement le gouvernement et qui est l'ardent promoteur du projet Muskrat Falls.

La juge Butler est aussi mariée à David McKay, un associé au sein du cabinet d'avocats qui défend l'ancien premier ministre Danny Williams dans une cause de diffamation impliquant M. Cabana.

La juge Butler a indiqué lundi que ses contributions au PPC remontaient aux années 1990, bien avant qu'elle ne soit nommée à la magistrature, en 2007. Elle a prévenu M. Cabana qu'il jouait avec le feu, et que des requêtes qui ne visent qu'à susciter le sensationnalisme ou l'embarras peuvent avoir des conséquences judiciaires — y compris une peine d'outrage au tribunal.

M. Cabana a présenté ses excuses, lundi, et expliqué qu'il ne voulait que dévoiler des informations qu'il jugeait pertinentes dans ce dossier.

Les avocats du gouvernement provincial, de la société d'État Nalcor Energy et de la nation innue ont plaidé qu'il fallait présenter des «preuves fortes» pour demander à un juge de se récuser, pas simplement une crainte de partialité, comme le plaide M. Cabana.

L'avocat du gouvernement a rappelé que le mari de la juge ne s'occupe pas directement de la cause de l'ex-premier ministre Williams.

M. Cabana, lui, plaide que la juge Butler pourrait lui imposer d'importants frais judiciaires s'il était débouté, et qu'il serait ensuite désavantagé dans sa cause contre Danny Williams. Un handicap qui pourrait donc profiter au cabinet du mari de la juge.