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25/02/2013 06:29 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

L'ex-juge Delisle devant la Cour d'appel

CP

La Cour d'appel du Québec entend au palais de justice de Québec la requête de l'ex-juge Jacques Delisle, condamné à la prison à vie pour le meurtre prémédité de son épouse, Nicole Rainville.

En juin dernier, Jacques Delisle a été reconnu coupable de meurtre prémédité par un jury de huit hommes et quatre femmes.

Son avocat, Me Jacques Larochelle, demande l'acquittement de son client, sinon la tenue d'un nouveau procès.

Lundi, Me Larochelle a tenté de détruite la preuve balistique présentée par la Couronne lors du procès. Selon lui, le jury ne pouvait pas trouver son client coupable du meurtre de sa femme sur la seule foi de cette preuve. Il s'est aussi attaqué au travail du juge lors du procès. Me Larochelle estime qu'il n'a pas donné les directives adéquates pour aider le jury dans son travail.

L'avocat de Jacques Delisle s'est aussi attaqué au procureur de la Couronne, Me Steve Magnan, qu'il accuse d'avoir présenté une plaidoirie illégale. Il lui reproche d'avoir misé sur l'émotion plutôt que sur le côté rationnel de la preuve.

Me Magnan pourra répliquer à ces accusations mardi, alors que ce sera à son tour de s'adresser aux trois juges de la Cour d'appel.

Jacques Delisle, 77 ans, qui est détenu depuis le prononcé du verdict, n'est pas présent en cour.

Des juges de Montréal

La Cour d'appel a pris des dispositions particulières pour entendre cette cause, puisque Jacques Delisle est un ancien magistrat de ce tribunal.

Les trois juges choisis pour présider cette audience proviennent de Montréal et n'ont jamais siégé avec Jacques Deslile. L'un d'eux est magistrat de la Cour supérieure. Il a été appelé spécifiquement pour cette cause.

Un acquittement difficile ?

Selon l'avocat criminaliste Serge Goulet, l'acquittement sera difficile à obtenir. La tenue d'un nouveau procès reste cependant probable. « Au niveau d'une demande d'ordonnance de nouveau procès, il y a certainement des chances de réussite. Si la Cour d'appel voyait la moindre faille dans l'administration de la preuve en première instance, on va donner la chance au coureur », affirme-t-il.

« Que ce soit un juge qui soit en cause ou que ce soit n'importe quel autre quidam, le doute raisonnable bénéficie toujours à l'accusé », ajoute Me Goulet.

Jacques Delisle a été condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. L'ex-juge est détenu depuis le prononcé du verdict et de la peine. En juillet dernier, le juge Richard Wagner, qui siégeait alors à la Cour d'appel du Québec, à Montréal, avait refusé sa remise en liberté provisoire en attendant l'audition de sa requête en appel.

Rappelons que Jacques Delisle est toujours aussi sous le coup d'une autre accusation de possession d'une arme à feu prohibée, pour laquelle il est passible d'une peine minimale de trois ans de prison.