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25/02/2013 08:33 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Deux sénateurs américains doutent du retrait français du Mali en mars

Deux sénateurs américains fraîchement rentrés du Mali ont appelé lundi la France à rester engagée militairement au Mali au-delà de mars, vu l'impréparation des contingents africains appelés à prendre la relève.

"Je suis inquiet des déclarations publiques optimistes des Français, selon lesquelles ils ont réussi à disperser les extrémistes", a dit à des journalistes Christopher Coons, spécialiste de l'Afrique à la commission des Affaires étrangères.

"La stabilisation de la situation pourrait requérir une présence militaire française plus durable", a dit l'élu démocrate au retour d'une tournée africaine, lors de laquelle il a notamment rencontré le commandant des forces françaises au Mali.

"Sans partenaire pour assurer les évacuations médicales, le transport aérien, la surveillance et la logistique, les villes du nord sont vulnérables et risquent d'être reprises", a jugé le sénateur, tout en louant l'action des Français. Les soldats africains "ne sont pas prêts pour se battre dans le désert".

La France est engagée depuis le 11 janvier contre les jihadistes qui occupaient la moitié septentrionale du pays depuis l'an dernier et menaçaient de descendre vers le Sud.

Paris envisage de réduire ses effectifs si possible dès mars, mais les récentes attaques suicide et de violents accrochages montrent que les jihadistes ont opté pour la guérilla.

La Mission internationale de soutien au Mali (Misma) a annoncé vouloir déployer 6.000 hommes, contre 3.300 prévus au départ, et envisagerait l'envoi de 2.000 autres éléments, selon une source militaire africaine.

Une mission de l'Union européenne, arrivée dans le pays en février, doit former à partir d'avril plus de 2.500 soldats maliens, mais son commandant a averti que l'armée malienne nécessitait une refondation totale.

Autre membre du voyage, le républicain Johnny Isakson, a exprimé les mêmes inquiétudes et incité les Français à ne pas hâter leur départ. "Nous savons tous qu'Al-Qaïda a ses yeux rivés sur (...) tout ce qui est à l'ouest de l'Egypte en Afrique du Nord", a-t-il déclaré. "Le Mali peut se transformer en test de la capacité de la communauté internationale à les confronter et les arrêter".

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