NOUVELLES
25/02/2013 10:11 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Des rapports de 1997 à 2010 concluaient à des coûts plus élevés à Montréal

MONTRÉAL - De 1997 à 2010, plusieurs rapports ont sonné l'alarme quant aux coûts de construction plus élevés à Montréal et au problème de concentration des contrats entre un trop petit nombre d'entreprises, selon l'analyste-enquêteur Guy Desrosiers.

Devant la Commission Charbonneau, le comptable de formation a admis lundi que tous ces rapports accumulés ont une épaisseur de pas moins de «quatre à cinq pouces».

Ils avaient été adressés parfois au conseil municipal, parfois à la direction de l'approvisionnement, au directeur général de la Ville, aux gestionnaires des divisions concernées, à savoir celle de la voirie et des projets hydrauliques, ou à un comité qui chapeautait un groupe d'ingénieurs de l'externe.

Et ces rapports étaient rédigés parfois par le vérificateur interne, le vérificateur général ou des ingénieurs externes.

Mais tous ces rapports confirmaient des coûts plus élevés pour les travaux à Montréal comparativement à d'autres villes du Québec _ le pourcentage d'écart varie selon la division ou l'échantillon des projets choisis.

Et plusieurs autres problèmes y étaient soulevés, comme le manque de concurrence entre les entreprises, des plans imprécis, de la documentation incomplète sur les travaux, la nécessité de resserrer la surveillance des travaux, un manque de rigueur dans l'estimation des coûts et de trop grands délais pour payer les entrepreneurs — ce qui fait qu'eux refilaient la facture du financement de leurs projets à la Ville.

«Il y avait des signaux qui étaient présents et il y avait des moyens qui étaient disponibles pour mettre en place des mesures préventives de contrôle et c'étaient des moyens qui existaient et qui fonctionnaient ailleurs» au Québec, a conclu M. Desrosiers.

«De 1997 à février 2010, les problèmes identifiés ont persisté, en dépit des nombreuses recommandations répétées portant sur les mêmes sujets», a-t-il déploré.

Par exemple, un de ces rapports a démontré que plusieurs gestionnaires de deux services, ceux de la voirie et des projets hydrauliques, ont été informés dès 2006 des problèmes dans l'attribution des contrats qui sévissaient dans leur département respectif.

«Tous les gestionnaires de ces deux divisions-là sont au courant qu'il y a des problèmes dans l'offre des contrats à la Ville de Montréal, clairement, et c'est documenté. Et on sait ça en novembre 2006», a résumé le commissaire Renaud Lachance, après avoir entendu l'exposé de M. Desrosiers.

Entre autres, M. Desrosiers a noté qu'un de ces rapports soulignait que la Ville de Montréal recevait généralement cinq ou six soumissions, pour certains travaux, alors que la Ville de Québec en recevait une dizaine.

Un autre rapport, en 2009, portant sur un échantillon de 42 projets de conduites d'aqueduc et d'égout a conclu à des coûts de 85,5 pour cent plus élevés à Montréal. Cet écart s'explique par de nombreux facteurs dus aux plans et devis et aux spécifications techniques propres à Montréal, mais aussi au marché montréalais trop fermé et au manque de compétition entre les entreprises, a rapporté M. Desrosiers.

La semaine dernière, l'analyste-enquêteurs avait souligné que des problèmes dans la gestion et l'octroi de contrats publics à Montréal avaient été soulignés dès 1997 dans un rapport du vérificateur de la Ville.

Et même si la direction des travaux publics s'était alors engagée à mettre en oeuvre les recommandations du rapport, cela n'avait pas été fait en 2001, sauf exception. Les seules recommandations qui avaient été mises en oeuvre sont celles portant sur les garanties sur les travaux réalisés par les entrepreneurs, avait témoigné M. Desrosiers.