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25/02/2013 08:21 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

CORRIGÉ: Chypre: le nouveau président doit former un cabinet pour sortir le pays de la crise

Le leader de droite Nicos Anastasiades, élu à la présidence de Chypre, doit s'atteler lundi à la formation d'un gouvernement qui aura pour tâche principale de négocier un plan de sauvetage crucial pour l'île méditerranéenne, au bord de la faillite.

Succédant à l'unique président communiste au sein de l'Union européenne, M. Anastasiades, un avocat pro-européen de 66 ans, s'est engagé dimanche soir après l'annonce de sa victoire à conclure "le plus tôt possible" un accord avec l'Union européenne.

"Ma première priorité est de restaurer la crédibilité de Chypre", a lancé le chef du parti Disy, qui a obtenu 57,5% des voix face à Stavros Malas, un indépendant soutenu par les communistes.

M. Anastasiades, qui doit prendre ses fonctions jeudi, a encore indiqué qu'il formerait un "gouvernement d'unité nationale" pour mener "toutes les réformes structurelles nécessaires".

L'avenir s'annonce en effet sombre pour l'île: après une contraction de 2,3% de l'économie en 2012, les dernières prévisions de la Commission européenne évoquent une nouvelle baisse en 2013 (-3,5%), sans perspective de reprise avant 2016, et le chômage a plus que doublé en 18 mois pour atteindre 14,7%.

Les ministres des Finances de la zone euro attendaient le résultat de la présidentielle pour se prononcer sur le plan d'aide, réclamé en juin dernier par Nicosie.

Le gouvernement chypriote a évalué à 17 milliards d'euros l'aide financière nécessaire, soit l'équivalent de son Produit intérieur brut annuel, destinée en premier lieu à renflouer les banques, très exposées à la dette grecque.

La France et l'Allemagne ont lancé lundi un appel commun au futur gouvernement à poursuivre "rapidement" les négociations.

Selon les ministres français et allemand des Finances Pierre Moscovici et Wolfgang Schäuble, le programme d'aide européen "prévoira, entre autres, une surveillance étroite des dispositions contre le blanchiment et pour la transparence fiscale, et de leur mise en oeuvre".

En attendant, le nouveau président doit former son gouvernement, où les ministères des Affaires étrangères et des Finances auront notamment un rôle clé dans la résolution de la crise.

Les médias estimaient lundi que le député européen Ioannis Kasoulides était le mieux placé pour décrocher les Affaires étrangères et Michalis Sarris les Finances.

Candidat malheureux à la présidentielle de 2008, remportée par le communiste Demetris Christofias, M. Kasoulides a été chef de la diplomatie entre 1997 et 2003.

M. Sarris est de son côté un ancien ministre des Finances (2005-2008) et a travaillé pour la Banque mondiale. Il a également été PDG de la Popular Bank, l'une des deux principales banques affectées par la crise grecque, poste dont il a démissionné en 2012.

Le journal indépendant Politis croit lui savoir que Disy et le parti de centre-droit Diko --qui avait soutenu la candidature d'Anastasiades--, vont se tailler la part du lion dans le futur gouvernement.

Le quotidien Alithia, qui soutient Disy, a reconnu que M. Anastasiades avait un "travail titanesque" pour redresser l'économie chypriote après l'"amateurisme" avec lequel M. Christofias a géré le pays.

Les liens étroits qu'entretient M. Anastasiades avec la chancelière allemande Angela Merkel pourraient jouer un rôle important dans les pourparlers avec les bailleurs de fonds, estime l'analyste Fiona Mullen.

Autre tâche délicate pour le nouveau président: la réunification de l'île divisée depuis l'invasion turque de 1974.

M. Anastasiades avait été le seul des candidats à soutenir en 2004 un plan de réunification négocié sous l'égide de l'ONU et rejeté par une grande majorité de Chypriotes-grecs.

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