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25/02/2013 03:30 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Chypre: le nouveau président prépare un cabinet pour sortir de la crise

Le vétéran de la droite chypriote Nicos Anastasiades, élu président dimanche, a procédé lundi aux premiers choix pour son gouvernement, qui aura pour tâche principale de négocier un plan de sauvetage crucial pour l'île méditerranéenne, au bord de la faillite.

Succédant à l'unique président communiste au sein de l'Union européenne, M. Anastasiades, un avocat pro-européen de 66 ans, s'est engagé dimanche soir à conclure "le plus tôt possible" un accord avec l'Union européenne et à "restaurer la crédibilité de Chypre".

M. Anastasiades, qui doit prendre ses fonctions jeudi, a encore promis qu'il formerait un "gouvernement d'unité nationale" pour mener "toutes les réformes structurelles nécessaires".

Il a confié lundi le porte-feuille des Affaires étrangères à Ioannis Kasoulides, qui avait déjà occupé ce poste de 1997 à 2003, et celui des Finances à Michalis Sarris, qui a récemment dirigé la Popular Bank, l'une des deux principales banques plombées par leur exposition à la dette grecque, et qui revient lui aussi à un ancien poste (2005-2008).

M. Anastasiades a par ailleurs nommé comme conseiller le prix Nobel d'économie Christopher Pissarides, qui a déclaré que la priorité serait dans l'immédiat d'obtenir un nouveau prêt à court terme pour tenir jusqu'au plan de sauvetage.

L'avenir s'annonce en effet sombre pour l'île: après une contraction de 2,3% de l'économie en 2012, les dernières prévisions de la Commission européenne évoquent une nouvelle baisse en 2013 (-3,5%), sans perspective de reprise avant 2016, et le chômage a plus que doublé en 18 mois pour atteindre 14,7%.

La France et l'Allemagne ont lancé lundi un appel commun au futur gouvernement à poursuivre "rapidement" les négociations sur le plan d'aide.

Mais la dette publique galopante qui pourrait dépasser cette année 90% du Produit intérieur brut (PIB) inquiète les créanciers internationaux: le plan de sauvetage que Chypre négocie depuis juin aiderait le pays à court terme mais menacerait à terme sa solvabilité.

Aussi la volonté de rapidité affichée par M. Anastasiades au sujet du plan de sauvetage -- évalué à 17 milliards d'euros, l'équivalent du PIB annuel -- pourrait se heurter aux réserves tenaces des Européens et du Fonds monétaire international, soucieux d'éviter un nouveau scénario à la grecque.

L'agence de notation Fitch, qui place comme les autres agences la dette chypriote dans une catégorie proche du défaut de paiement, a estimé lundi que la victoire de M. Anastasiades pourrait "faciliter les discussions".

Pro-européen convaincu, M. Anastasiades "a maintenant un mandat pour conclure les négociations. Il a déjà établi des liens avec des dirigeants de partenaires européens clés, y compris l'Allemagne", a souligné l'agence, en référence aux bonnes relations entre le nouveau président chypriote et la chancelière allemande Angela Merkel.

Autre tâche délicate pour le nouveau dirigeant: la réunification de l'île coupée en deux depuis l'invasion turque de 1974. M. Anastasiades avait été le seul des candidats à soutenir en 2004 un plan de réunification négocié sous l'égide de l'ONU et rejeté par une grande majorité des Chypriotes-grecs.

Si le sujet a été inhabituellement secondaire pendant la campagne, Washington a maintenu la pression lundi en félicitant M. Anastasiades.

"Nous espérons que l'élection présidentielle va fournir l'occasion d'efforts renouvelés afin d'obtenir un accord juste et durable qui sera acceptable par la majorité au sein des communautés chypriote-grecque et chypriote-turque", a indiqué le département d'Etat dans un communiqué.

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