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25/02/2013 12:03 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Afghanistan: les Américains surpris par l'expulsion de forces spéciales

La décision du président Hamid Karzaï d'expulser les forces spéciales américaines d'une province d'Afghanistan a été une surprise pour le Pentagone qui, selon un responsable américain, n'avait pas vu de signe avant-coureur.

"Nous ne sommes au courant d'aucun incident qui pourrait avoir entraîné ce type de réponse", a confié à l'AFP ce responsable s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Hamid Karzaï a ordonné dimanche le retrait d'ici deux semaines des forces spéciales américains de la province du Wardak, un repaire des talibans aux portes de la capitale Kaboul, accusant les soldats d'élite américains d'avoir créé des "groupes armés illégaux" coupables d'actes de torture et de meurtres.

Cette décision semble refléter la volonté du président afghan de reprendre le contrôle sur des milices locales, et les tensions avec Washington à l'approche de la fin de la mission de combat de l'Otan.

Hamid Karzaï se plaint régulièrement des bombardements américains sur son territoire lorsque ceux-ci frappent des civils.

Pour tenter de régler ce nouveau problème, des discussions se sont tenues lundi à Kaboul entre la coalition internationale dirigée par l'Otan et les autorités afghanes, et une "commission conjointe" a été créée, a de son côté confirmé à des journalistes le porte-parole du Pentagone, George Little.

"Nous travaillons avec le gouvernement afghan pour déterminer précisément quelles sont leurs préoccupations, que nous prenons bien sûr très au sérieux".

"Nous essayons d'avoir des précisions de la part du gouvernement afghan", a-t-il précisé, jugeant "prématuré de spéculer sur le résultat des discussions" et le départ ou non des forces spéciales américaines du Wardak.

Le secrétaire d'Etat américain en déplacement à Londres a affirmé lors d'une conférence de presse "avoir pris bonne note" des plaintes des Afghans.

Hamid Karzaï "a plusieurs fois fait part de remarques légitimes sur ce qui devrait être changé ou amélioré. Nous travaillons à cela", a affirmé John Kerry.

"Je peux vous assurer que nous sommes étroitement à l'écoute des besoins des Afghans et des meilleurs moyens de réaliser ensemble cette transition", a-t-il assuré.

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