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24/02/2013 06:00 EST | Actualisé 26/04/2013 05:12 EDT

Raul Castro abandonnera la présidence après un dernier mandat de cinq ans

LA HAVANE, Cuba - Raul Castro a annoncé dimanche qu'il quittera la présidence de Cuba en 2018 après un mandat de cinq ans, fixant pour la première fois une date pour la fin de l'ère Castro.

Il a fait de l'étoile montante Miguel Diaz-Canel son premier vice-président et successeur désigné.

M. Castro, âgé de 81 ans, a également indiqué qu'il espérait mettre en place des limites de deux mandats et des maximums d'âge pour les détenteurs de postes politiques, une perspective étonnante dans un pays qui a été mené par M. Castro ou son frère aîné Fidel depuis la révolution de 1959.

M. Diaz-Canel, qui n'est maintenant qu'à deux doigts de la présidence, s'est hissé à un plus haut niveau que tout responsable politique qui n'a pas directement participé à la révolution.

M. Castro a fermement déclaré qu'il s'agirait de son dernier mandat. Dans son discours de 35 minutes, M. Castro a fait allusion à d'autres changements à la constitution, certains si importants qu'ils devront être ratifiés par la population par référendum.

Il a toutefois noté que son pays n'abandonnerait pas le socialisme, disant qu'il n'avait pas accepté la présidence pour détruire le système cubain.

«Je n'ai pas été choisi président pour remettre le capitalisme à Cuba. J'ai été élu pour défendre, maintenir, et continuer de perfectionner le socialisme, pas pour le détruire», a-t-il déclaré.

M. Castro avait provoqué l'intérêt envers la rencontre de dimanche en mentionnant sa possible retraite vendredi et en suggérant qu'il prévoyait démissionner à un certain moment.

C'est maintenant clair qu'il était très sérieux lorsqu'il a promis que le discours de dimanche serait explosif et porterait sur l'avenir de son leadership.

Cuba est à un moment de «transcendance historique», a-t-il déclaré au Parlement en justifiant sa décision de nommer M. Diaz-Canel au deuxième poste plus important, remplaçant ainsi Jose Ramon Machado Ventura, un homme âgé de 81 ans qui avait combattu aux côtés des Castro dans la révolution.

La promotion de M. Diaz-Canel «représente une étape définitive dans la configuration du futur leadership de la nation par le transfert ordonné et graduel de rôles clefs aux nouvelles générations», a déclaré M. Castro.

Depuis qu'il a pris la relève de son frère Fidel en 2006, M. Castro a mis en place d'importantes réformes économiques et sociales, a augmenté le rôle de l'entreprise privé, a légalisé le marché immobilier et a assoupli les restrictions sévères sur les voyages.

Le Parti communiste demeure toutefois au pouvoir et l'opposition n'est pas légalement reconnue.

M. Castro a déjà mentionné des limites sur les mandats, mais il n'a jamais dit spécifiquement quand il quitterait son poste, ce qui n'est pas encore entré dans la loi cubaine.

S'il tient parole, M. Castro quittera son poste au plus tard en 2018. Les exilés cubano-américains aux États-Unis exigent depuis des décennies la fin de l'ère Castro.

Des changements à la tête du pays pourraient être significatifs pour les liens entre les États-Unis et Cuba. L'embargo des États-Unis envers l'île, qui dure depuis 51 ans, ne peut être levé tant qu'un Castro est au pouvoir.

Fidel Castro, 86 ans, est à la retraite et est apparu de plus en plus frêle au cours des derniers mois. Il a fait une apparition surprise au rassemblement de dimanche et a reçu une ovation debout.