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24/02/2013 01:06 EST | Actualisé 26/04/2013 05:12 EDT

Nicos Anastasiades, un homme à poigne pragmatique à la tête de Chypre

Elu dimanche président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades s'est taillé une réputation d'homme à poigne toujours pragmatique lors d'une longue carrière politique sur l'île méditerranéenne.

"Chypre est à la croisée des chemins (...). Ce scrutin marque le début d'une nouvelle ère" pour le pays, avait affirmé M. Anastasiades dans la matinée après avoir voté dans la ville côtière de Limassol.

Elu sous le slogan "La crise a besoin d'un leader", cet élégant avocat de 66 ans s'était présenté comme le candidat le plus sûr et jouissant de la confiance des dirigeants européens pour faire face à la dette publique et redresser l'économie de l'île, plombée par la crise grecque.

A la tête d'un pays jadis prospère et désormais confronté à une récession durable et à une hausse exponentielle du chômage, il devra d'abord négocier un prêt international évalué à 17 milliards d'euros, l'équivalent du PIB chypriote.

Député sans interruption depuis 1981, il a pris la tête de son parti, Disy, en 1997 -dont il est un des fondateurs- y faisant taire les voix dissidentes et écartant rapidement les jeunes prétendants à sa succession.

En 2004, il avait cependant été vivement critiqué au sein même de sa formation pour avoir soutenu le plan de réunification de l'île négocié sous l'égide de l'ONU, accepté par les Chypriotes-turcs au Nord mais largement rejeté par référendum par les Chypriotes-grecs au Sud.

Depuis, il s'est un peu distancé de cette position. Il prône désormais un consensus politique pour mettre fin à la division de l'île, coupée en deux depuis l'invasion turque en 1974, mais ne semble pourtant pas avoir de stratégie claire dans ce dossier.

En dépit de son choix controversé en 2004, que ses adversaires ont régulièrement rappelé pendant la campagne, le pragmatique Anastasiades a fait de Disy une force politique majeure et unie et s'est forgé une réelle popularité.

Sa réputation d'Européen convaincu et ses positions pro-occidentales contrastent fortement avec le gouvernement sortant de gauche eurosceptique et anti-Otan.

M. Anastasiades a toujours mis en avant ses liens étroits avec le Parti populaire européen (PPE) et la chancelière allemande Angela Merkel lui a apporté son soutien en janvier lors d'une réunion du PPE à Chypre.

Le nouveau président, qui était considéré comme le plus à même parmi les candidats à faire adopter des mesures d'austérité encore plus dures pour s'assurer le plan de sauvetage international, a promis de vastes réformes économiques

Cependant, l'austérité annoncée et son image d'homme proche des grandes entreprises risquent d'attiser la colère des très puissants syndicats, en particulier sur les privatisations réclamées par les bailleurs de fonds et fermement rejetées par le président sortant, le communiste Demetris Christofias.

Né en 1946 dans le village de Pera Pedi, dans le sud de l'île, M. Anastasiades est marié et père de deux filles. Il a étudié le droit à Athènes et obtenu son diplôme en droit du transport maritime en 1971 à Londres.

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