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24/02/2013 07:44 EST | Actualisé 26/04/2013 05:12 EDT

Le principal bâtiment administratif bloqué par des manifestants au Caire

Des manifestants ont bloqué dimanche l'accès du principal bâtiment de l'administration égyptienne au Caire, dans le cadre d'une campagne de désobéissance civile visant le président islamiste Mohamed Morsi, selon des employés et des témoins.

"Un petit groupe de jeunes a fermé les portes principales (du "Mogamma") et ils ne permettent à personne d'entrer", a déclaré à l'AFP un employé encore présent dans le bâtiment qui donne sur la place Tahrir.

Les manifestants "ne sont pas entrés dans le bâtiment", a-t-il ajouté.

"Ils ont laissé une porte ouverte et ont indiqué que les employés qui terminaient leur vacation devaient partir et qu'ils ne feraient entrer personne", a indiqué un témoin.

L'imposant édifice gouvernemental à l'architecture soviétique, symbole de la bureaucratie égyptienne, héberge les services des passeports et des impôts, ainsi que plusieurs agences gouvernementales.

Un petit groupe de personnes, dont des femmes et de jeunes adolescents, se tenait devant les portes closes du "Mogamma".

"C'est un appel à la désobéissance civile, ou populaire comme nous l'appelons. Nous exigeons la réalisation des objectifs de la révolution, comme la justice sociale, et le report des élections législatives" qui doivent débuter le 22 avril, a déclaré à l'AFP l'un des manifestants sous couvert de l'anonymat.

"Il faut aussi mettre fin à l'emprise des Frères (musulmans) sur l'Etat", a-t-il ajouté, assurant que le mouvement allait s'étendre et que la prochaine étape pourrait être le blocage du bâtiment de la télévision d'Etat (Maspero) et des locaux de ministères.

L'accès du "Mogamma" a déjà été bloqué à plusieurs reprises par des manifestants, notamment lors du deuxième anniversaire du soulèvement populaire qui a conduit le président Hosni Moubarak à la démission le 11 février 2011.

Ce nouveau blocage intervient alors que les appels à la désobéissance civile et à la grève générale se multiplient à travers le pays.

Dans la ville de Kafr el-Cheikh (nord), des centaines d'ouvriers ont envahi le siège du gouvernorat afin de protester contre leurs conditions de travail, obligeant les employés à quitter le bâtiment et scandant des slogans hostiles au gouverneur, Saad al-Husseini, membre des Frères musulmans.

Plusieurs boulangeries à travers le pays ont menacé de se mettre en grève jeudi pour protester contre la hausse du prix du blé, une mesure qui pourrait accroître l'impopularité du pouvoir dans un pays où le pain subventionné reste l'aliment de base d'une grande partie de la population.

Parallèlement, une grève générale se poursuivait à Port-Saïd (nord-est) pour la deuxième semaine consécutive, la plupart des magasins et des usines étant fermés.

jaz/tg/cco