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24/02/2013 11:20 EST | Actualisé 26/04/2013 05:12 EDT

Égypte: l'élection ne mettra pas fin aux tensions dans la rue

LE CAIRE, Égypte - Les rues de l'Égypte sont le théâtre de manifestations quotidiennes sur une panoplie de questions sociales allant des conditions de travail aux pénuries de carburant et aux victimes de confrontations violentes de ces dernières années.

Et les élections parlementaires convoquées ce week-end par le président islamiste ont peu de chances de sortir le pays de la tourmente. La course pourra en fait causer davantage de troubles et pousser l'Égypte plus près de l'effondrement économique.

Selon le réputé analyste et ancien parlementaire Emad Gad, la vie dans la rue a peu de choses à voir avec l'élection, et les gens qui manifestent le font pour revendiquer de meilleures conditions.

Le président islamiste Mohammed Morsi a convoqué des élections parlementaires qui débuteront en avril et se tiendront en quatre étapes jusqu'en juin. La constitution l'obligeait à fixer une date pour le vote samedi.

Son décret lui a valu de vives critiques de la part du principal chef de l'opposition, le lauréat du Nobel de la paix Mohamed ElBaradei.

Samedi, M. ElBaradei a fait une déclaration-choc en appelant au boycott du vote. Un boycott de la part de l'opposition ou des fraudes importantes pourraient questionner la légitimité de l'élection.

Mais il semble que l'issue la plus probable soit que les Frères musulmans de M. Morsi et ses alliés ultra-conservateurs Salafi auront de bons résultats lors de l'élection. Les Frères musulmans ont dominé toutes les élections depuis deux ans, depuis la révolte de 2011 qui a chassé du pouvoir l'autocrate Hosni Moubarak.

L'opposition la plus séculaire et libérale terminera quant à elle probablement dernière, tout comme elle l'a fait dans d'autres élections.

Les Frères musulmans n'ont pas pu mettre fin aux manifestations aux grèves et à la criminalité qui définissent l'Égypte depuis la révolution.