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24/02/2013 04:26 EST | Actualisé 25/04/2013 05:12 EDT

Grève de la faim de milliers de Palestiniens détenus en Israël

Environ 3.000 Palestiniens détenus en Israël ont décidé d'observer une journée de grève de la faim dimanche pour protester contre la mort en détention la veille d'un jeune Palestinien, dont le décès a entraîné des heurts en Cisjordanie.

Le détenu décédé, Arafat Jaradat, ne faisait pas partie des prisonniers palestiniens en grève de la faim de longue durée en Israël, dont le mouvement a déclenché d'importantes manifestations de solidarité ces derniers jours, mais sa mort risque d'envenimer une situation déjà tendue.

Dimanche matin, des manifestants dans son village natal et d'autres secteurs de la ville de Hébron ont jeté des pierres sur les forces de sécurité israéliennes qui ont riposté par des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, selon des témoins qui n'ont pas fait état de blessés.

"Environ 3.000 prisonniers ont annoncé qu'ils allaient refuser les repas", a indiqué dimanche à l'AFP le porte-parole des services pénitentiaires israéliens, Sivan Weizman, précisant "il s'agit uniquement des trois repas d'aujourd'hui".

En outre, le Club des prisonniers palestinien a annoncé samedi que sept détenus en Israël s'étaient joints à la grève de la faim observée depuis plusieurs mois par intermittence par quatre autres prisonniers protestant contre leur détention en Israël. L'administration pénitentiaire israélienne n'a pas confirmé l'information.

M. Jaradat est décédé samedi en raison d'un "malaise" dans la prison de Megiddo (nord d'Israël), selon le Shin Bet, le service de la sécurité intérieure israélien qui l'interrogeait.

Ce détenu âgé de 30 ans, père de deux enfants, avait été arrêté le 18 février à la suite de heurts près de la colonie de Kiryat Arba, à proximité d'Hébron, au cours desquels un Israélien avait été blessé le 18 novembre 2012.

L'autopsie devait avoir lieu dimanche au Centre national médico-légal d'Israël. Le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë, a confirmé qu'un médecin palestinien et la famille Jaradat y assisteraient.

Après l'annonce de ce décès, des heurts avaient brièvement éclaté dès samedi soir entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à Hébron, en Cisjordanie.

"Alerte aux émeutes", titrait dimanche le quotidien Israël Hayom.

"Tout l'appareil de sécurité, les services pénitentiaires en particulier, sont en état d'alerte renforcée aujourd'hui", affirme pour sa part le quotidien Maariv de dimanche.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad s'est dit "choqué" par le décès du détenu, soulignant la nécessité de "divulguer promptement les vraies raisons qui ont conduit à son martyre".

La police israélienne a ouvert une enquête sur les circonstances de la mort, due probablement à une crise cardiaque selon l'administration pénitentiaire israélienne.

Le Premier ministre palestinien "considère qu'en tout état de cause, l'occupant (israélien) ne peut être exempté de responsabilité puisque la mort de M. Jaradat est survenue alors qu'il se trouvait en détention, et dans des geôles de l'occupant à l'intérieur d'Israël", dans un communiqué samedi soir.

Le Hamas a lui aussi accusé Israël d'être "responsable de la mort du détenu à cause des conditions inhumaines dans les prisons".

Selon le Shin Bet, le détenu souffrait de maux de dos et avait été précédemment blessé à la jambe gauche par des balles en caoutchouc et à l'estomac par une grenade lacrymogène.

"Au cours de l'enquête, il (Arafat Jaradat) a été examiné à plusieurs reprises, notamment jeudi dernier, par un médecin qui n'a décelé aucun problème médical. L'enquête a donc continué", a assuré le Shin Bet, en évoquant les interrogatoires, dans un communiqué.

Une version contestée par le ministre Qaraqaë, qui a exigé une enquête internationale.

L'association israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem a elle aussi exigé l'ouverture d'"une enquête indépendante, effective et transparente, et qui soit rapidement finalisée".

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