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24/02/2013 04:22 EST | Actualisé 25/04/2013 05:12 EDT

Le Québec aux Oscar: Kim Nguyen et Yan England battus

MONTRÉAL - Les réalisateurs Kim Nguyen et Yan England ne rentreront pas au Québec avec une statuette dans leurs valises. Leurs oeuvres «Rebelle» et «Henry» ont été défaites dans leurs catégories respectives dimanche soir à la 85e cérémonie des Oscar.

Le scénario que Kim Nguyen et ses producteurs entrevoyaient pour leur «Rebelle» s'est ainsi avéré: l'Académie a couronné le long métrage «Amour» dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.

«Notre philosophie, c'est d'être réalistes, mais de demander l'impossible», avait résumé un Kim Nguyen fort conscient du statut de favori de l'oeuvre signée par l'Autrichien Michael Haneke lors d'un récent entretien avec La Presse Canadienne.

Il serait nettement exagéré de parler de guigne pour décrire l'expérience des trois réalisateurs ayant représenté le Québec au cours des trois dernières années à Los Angeles. Car Denis Villeneuve («Incendies»), Philippe Falardeau («Monsieur Lazhar») et Kim Nguyen («Rebelle») ont été de formidables ambassadeurs pour le cinéma québécois.

Récemment, un journaliste du prestigieux New York Times demandait d'ailleurs à Kim Nguyen de lui expliquer ce qui faisait courir les réalisateurs québécois.

«Quel est l'ingrédient magique dans votre eau là-haut au Québec», l'avait interrogé le journaliste, qui a rapporté les propos du cinéaste dans un article paru en ligne le 7 février.

Quelques heures avant la cérémonie, sur le tapis rouge menant au Dolby Theater, Kim Nguyen avait plaidé lors d'une entrevue avec Radio-Canada que le simple fait d'être à Los Angeles constituait en soi une victoire.

Cela n'a pas empêché Jeannette Garcia, de la boîte Item 7, d'écrire «Merde !! 'War Witch' est le meilleur!!!!» sur Twitter en réaction à la victoire d'«Amour». Mme Garcia se trouvait dans une maison de Los Angeles avec une cinquantaine d'artisans du film qui s'étaient réunis pour suivre la cérémonie.

Kim Nguyen, lui, se trouvait évidemment en plein coeur de l'action, du côté du Dolby Theater. Il était entre autres accompagné de son épouse, des producteurs Marie-Claude Poulin et Pierre Even, mais aussi de sa jeune vedette congolaise Rachel Mwanza. Celle-ci s'est envolée de Kinshasa jeudi, quelques heures après avoir obtenu les visas l'autorisant à entrer sur les territoires américain et canadien.

Le voyage outre-Atlantique de la jeune actrice âgée de 16 ans ne se limitera pas à un saut en Californie: elle sera de la soirée des prix Écrans canadiens à Toronto, le 3 mars, et de la cérémonie de remise des prix Jutra à Montréal le 17 mars. Dans les deux cas, elle est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice.

Le travail des artisans de «Rebelle» à Los Angeles n'est pas encore achevé: ils se consacreront, au cours des prochains jours, à la promotion du long métrage auprès des médias américains. Le film sortira en salles le 1er mars aux États-Unis.

«Henry» défait

Par ailleurs, le court métrage de fiction «Curfew» a été préféré à l'oeuvre «Henry» du Québécois Yan England.

L'acteur, réalisateur et animateur repartira donc de la capitale du cinéma américain les mains vides, mais probablement la tête haute et le coeur rempli de souvenirs.

Yan England, qui a habité pendant cinq ans à Los Angeles, a répété à quelques reprises qu'il avait toujours rêvé de gravir les marches du Kodak Theater — désormais le Dolby Theater —, «un peu par superstition». C'est maintenant chose faite.

Le court métrage de fiction «Henry» est inspiré du grand-père de Yan England, atteint de la maladie d'Alzheimer en fin de vie. L'oeuvre, qui met en vedette Gérard Poirier et Marie Tifo, a été produite grâce au concours bénévole de plusieurs de ses artisans.

Il était opposé à deux autres courts métrages auxquels ont contribué des Canadiens, «Asad» et «Buzkashi Boys», ainsi que «Death of a Shadow».

En fin de soirée, dimanche, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a salué par voie de communiqué le parcours exceptionnel des deux créations québécoises.

«Quelle fierté pour tous les Québécois que d'avoir deux œuvres de notre cinématographie en lice à la prestigieuse soirée des Oscars (...) Notre cinématographie rayonne aux quatre coins de la planète et ces distinctions aux Oscars en sont à nouveau la preuve», a déclaré François Macerola, président et chef de la direction de la SODEC.