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23/02/2013 06:20 EST | Actualisé 25/04/2013 05:12 EDT

Yémen: 3 morts dans des heurts entre l'armée et des séparatistes dans le sud

Deux militants séparatistes sudistes et un militaire ont été tués samedi lors de violents affrontements dans le sud du Yémen, ont indiqué des sources médicales et des militants.

Les militants sudistes avaient proclamé une "Journée de désobéissance civile" dans le sud pour protester contre "le massacre" de jeudi à Aden, principale ville du sud du Yémen, où quatre des leurs avaient été tués par les forces de sécurité.

"Un homme a été tué et deux autres blessés lors de coups de feu" samedi, a indiqué à l'AFP un médecin à l'hôpital Al-Naqib à Aden. Des militants du Mouvement sudiste ont confirmé que les victimes font partie de ce groupe.

Un haut responsable militaire, le colonel Abdul Hafez Al-Saqqaf, a indiqué à l'AFP qu'un policier avait été tué et un autre blessé. "Les affrontements ont éclaté lorsque les forces de sécurité sont intervenues après que des hommes armés du Mouvement sudiste eurent bloqué les routes à Aden", a-t-il dit.

Selon des témoins, des dizaines d'activistes sudistes ont bloqué plusieurs rues dans différents quartiers d'Aden samedi matin à l'aide de pneus enflammés.

Des habitants du quartier de Mansoura en particulier ont fait état de "très violents affrontements" entre l'armée et les séparatistes, dont plusieurs sont armés.

Un responsable du Mouvement sudiste, Loutfi Shatara, a affirmé à l'AFP que son groupe avait décrété "un mouvement de désobéissance civile pour protester contre le massacre de jeudi".

Quatre séparatistes sudistes et un passant avaient été tués jeudi lors de heurts avec les forces de sécurité à Aden en marge de deux manifestations rivales organisées pour le premier anniversaire du départ du président Ali Abdallah Saleh.

Selon un responsable des services de sécurité, les militants impliqués dans les affrontements samedi font partie de la tendance dure du Mouvement sudiste, dirigée par l'ancien vice-président en exil, Ali Salem Al-Baïd, qui réclame la sécession du Sud et refuse de participer au dialogue national qui doit commencer le 18 mars.

Les policiers étaient intervenus jeudi pour empêcher les militants sudistes de perturber un rassemblement du parti islamiste Al-Islah en faveur du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Des incidents se sont également produits samedi dans la province du Hadramout (sud-est) où un militant sudiste a été tué par des tirs de la police sur une "manifestation pacifique" à Ghail Bawazir, selon un responsable du Mouvement sudiste.

En outre, des militants séparatistes ont mis le feu à deux permanences d'Al Islah à Moukalla, principale ville de la province du Hadramout, selon des témoins.

Le 15 février, le Conseil de sécurité de l'ONU avait salué la convocation du dialogue national et menacé de sanctions ceux qui perturberaient la transition politique, citant nommément l'ancien vice-président en exil, Ali Salem Al-Baïd.

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