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23/02/2013 04:56 EST | Actualisé 25/04/2013 05:12 EDT

Le restaurant Joe Beef ciblé par l'Office de la langue française: le propriétaire fait une sortie médiatique

Colby Spikes/Facebook

MONTRÉAL - L'un des restaurants les plus célèbres à Montréal a décidé de parler publiquement de ses difficultés à se conformer à l'affichage en français.

Joe Beef est connu sur la scène internationale et son livre de cuisine est considéré comme un best-seller.

Le populaire restaurant se plaint de la police linguistique de la province, soit l'Office québécois de la langue française (OQLF).

Le propriétaire de l'endroit, David McMillan, explique que l'Office est en désaccord avec une partie de son mur d'art, qui comprend, entre autres, un souvenir d'une visite à l'Île-du-Prince-Édouard qui dit "exit" (sortie), ainsi qu'un signe antique au-dessus de la salle de bain du personnel qui dit «Please leave this gate closed" (prière de laisser cette porte fermée).

Le propriétaire a avoué qu'il avait été surpris par le manque de compréhension des inspecteurs, qui lui paraissaient jeunes et inexpérimentés. Il a admis que la visite lui avait laissé un goût amer mais qu'il n'avait toutefois pas l'intention de déménager son établissement à l'extérieur de la province.

Les inspecteurs de l'OQLF se sont rendus au restaurant il y a quatre ou cinq mois, mais M. McMillan a décidé de dénoncer l'affaire sur la place publique après le tollé soulevé suite aux déboires d'un autre restaurant montréalais avec l'Office.

«J'aime le Québec ... mais c'est de moins en moins facile», a déclaré McMillan, parfaitement bilingue, lors d'un entretien samedi.

«Ma femme est francophone, mon partenaire d'affaires est francophone, mes enfants vont à l'école française, mais ça me rend triste et déprimé, et je me demande quel est le problème de ces gens», a-t-il lancé.

M. McMillan a décidé de laisser ses décorations murales en place, sauf pour la pancarte des toilettes, qu'il voulait rapporter à la maison.

Le propriétaire a spécifié que le restaurant n'a pas été menacé d'une amende et qu'il n'avait pas eu de nouvelles des inspecteurs de l'office récemment.

«Nous leur avons envoyé une lettre, expliquant que les items mentionnés étaient des cadeaux, des souvenirs... le genre de trucs que des restaurants ont sur leurs murs», a-t-il expliqué.

L'OQLF n'était pas disponible pour commenter l'affaire samedi.

Le restaurateur a insisté que son menu était seulement en français et que tout le personnel de l'établissement était bilingue.

Le livre de Joe Beef, que M. McMillan décrit comme «une histoire d'amour avec cette province», inclut des hommages à la cuisine et à la culture québécoise traditionnelle. Il a été publié en français et en anglais.

Un établissement italien de Montréal, le Buona Notte, a dénoncé plus tôt cette semaine le fait qu'on lui eut reproché l'utilisation de mots italiens, dont «pasta» sur son menu. À la suite de reportages et de vives critiques dans les médias sociaux, l'OQLF a admis un «excès de zèle» et a invoqué une exception au règlement relative aux spécialités étrangères. La ministre responsable de l'organisme a également fait valoir que l'office ferait davantage attention à l'avenir.

Le gouvernement du Parti québécois a annoncé une augmentation de six pour cent du budget de l'Office, qui atteindra 24,7 millions$.

Plusieurs organisations et personnalités nationalistes au Québec craignent qu'une érosion du français à Montréal mène, éventuellement, à sa disparition.

Samedi, Raymond Bachand, l'un des trois candidats à la direction du Parti libéral du Québec, a réagi à la controverse sur Twitter.

«Retirez de la rue les inspecteurs zélés sans jugement. Dommages pour le Québec», a-t-il écrit.

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