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23/02/2013 11:58 EST | Actualisé 25/04/2013 05:12 EDT

Darfour: violences entre tribus arabes, 50 personnes tuées dans une attaque

Une cinquantaine de personnes, membres d'une tribu arabe, ont été tuées samedi dans la région soudanaise du Darfour par des miliciens d'une tribu arabe rivale, à la suite d'affrontements qui ont déjà provoqué un vaste mouvement de population en janvier, selon des habitants.

"Ils sont venus en Land Cruisers, ont utilisé des Douchka (mitrailleuse lourde) et brûlé 30 maisons, tuant 53 personnes", a déclaré à l'AFP l'une de ces sources, un habitant d'El-Sireaf, une ville du Darfour-Nord où l'attaque a eu lieu et où sont réfugiés des dizaines de milliers de personnes chassées par les combats du début de l'année.

Un autre habitant, qui a déclaré avoir été blessé à une jambe, a également évoqué un bilan de 53 morts.

Selon les deux habitants, qui ont souhaité rester anonymes, les assaillants portaient des uniformes et appartenaient à une milice de la tribu des Rezeigat, et les victimes étaient membres d'une autre tribu, les Beni Hussein.

Ces deux tribus arabes sont engagées depuis début janvier dans des affrontements meurtriers dans la région riche en mines d'or du Jebel Amir.

"Nous sommes au cimetière en train d'enterrer les morts", a déclaré le premier habitant, en précisant que deux femmes et deux enfants figuraient parmi les victimes.

L'habitant blessé a déclaré que l'hôpital où il était allé se faire soigner était rempli de personnes blessées dans la même attaque, certaines obligées d'attendre dehors sous des arbres.

Une source au sein de la tribu Rezeigat a déclaré avoir entendu parler de "tensions", sans pouvoir donner de détails dans l'immédiat.

Les responsables de la mission conjointe ONU-Union africaine de maintien de la paix au Darfour (Minuad) n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Ces violences illustrent le changement de nature du conflit au Darfour (ouest), dix ans après le début d'une insurrection menée par des tribus noires contre le régime de Khartoum, dominé par les Arabes.

La semaine dernière, un haut responsable de la région, Eltigani Seisi, avait déclaré à l'AFP que le "problème majeur" du Darfour n'était plus les attaques rebelles mais la "violence ethnique" comme celle en cours au Jebel Amir.

Selon Amnesty International, les combats au Jebel Amir ont fait quelque 200 morts en janvier et semblent avoir commencé quand un responsable Rezeigat, également officier des gardes-frontières, a revendiqué une zone riche en or sur le territoire des Beni Hussein.

"Ces événements interviennent alors que le gouvernement essaie de renforcer son contrôle sur l'attribution de licences et l'exportation de l'or, dans un contexte de crise budgétaire, de fonte des réserves de change et de trafic d'or généralisé", ajoute Amnesty.

Une source humanitaire avait auparavant déclaré que les Beni Hussein avaient refusé de payer de nouvelles taxes gouvernementales "énormes" sur l'exploitation des mines.

Selon l'ONU, plus de 100.000 personnes ont été poussées à la fuite ou fortement affectées par les récents combats au Jebel Amir, venant s'ajouter au million de déplacés toujours bloqués dans des camps au Darfour.

Dans d'autres violences, quatre civils ont été tués et 37 blessés par un raid aérien que l'armée a mené jeudi sur le village de Derib al-Reih, au Darfour-Sud, a rapporté samedi le African Centre for Justice and Peace Studies.

Selon l'ONG, "quelque 150 familles ont été déplacées par les raids", qui ont eu lieu au sud-est de la capitale du Darfour-Sud, Nyala, les rebelles faisant état de combats avec les troupes gouvernementales jeudi près de la ville.

L'armée n'était pas joignable mais Khartoum a nié la semaine dernière avoir mené des raids aériens au Darfour.

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