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22/02/2013 08:00 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Un manifestant chiite succombe à ses blessures à Bahreïn (opposition)

Un manifestant chiite est mort des suites de ses blessures à Bahreïn, après avoir été touché par balle lors d'affrontements avec la police il y a une semaine à l'occasion du deuxième anniversaire du soulèvement du 14 février 2011, a affirmé l'opposition vendredi.

Mahmoud al-Jaziri, 20 ans, est mort jeudi après avoir été "touché à la tête par un tir des forces du régime durant des manifestations pacifiques à l'occasion de (l'anniversaire) de la révolution", a annoncé dans un communiqué la principale formation de l'opposition chiite, Al-Wefaq.

Le jeune homme avait été blessé le 14 février sur l'île de Nabi Saleh, au sud de la capitale, lors de l'une des manifestations organisées ce jour-là en commémoration du début du soulèvement populaire, lancé mi-février 2011 et violemment réprimé un mois plus tard.

Une vidéo relayée par la page Facebook du Wefaq montre un membre des forces de sécurité tirer sur un manifestant qui lance des pierres sur des policiers anti-émeutes. Une fumée blanche s'échappe du canon du pistolet du policier et le protestataire s'effondre.

Les funérailles devaient avoir lieu vendredi après-midi mais le Wefaq a indiqué que les autorités n'avaient pas remis le corps à la famille.

La police a déclaré que Mahmoud al-Jaziri avait été "soigné dans un endroit inconnu le 14, soit 24 heures avant d'être hospitalisé". "Il y a donc eu un délai", insiste la police dans un communiqué cité par l'agence BNA, rappelant qu'une enquête était en cours.

Les manifestants blessés évitent en général d'être soignés dans des hôpitaux publics de crainte d'être arrêtés, et préfèrent se rendre dans des centres médicaux privés.

Les autorités n'ont pas commenté l'annonce du décès, qui s'ajoute à celui d'un manifestant de 16 ans, Hussein al-Jaziri, mortellement blessé par des tirs de chevrotine lors d'affrontements avec les forces de sécurité le 14 février dans le village chiite de Daih.

Ce regain de tension intervient alors qu'opposition et gouvernement ont engagé le 10 février un dialogue national dans le but de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il est plongé.

Petit royaume du Golfe dirigé par la monarchie sunnite des Al-Khalifa, Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par des chiites, majoritaires au sein de la population. Des rassemblements se tiennent régulièrement dans les villages chiites autour de la capitale pour réclamer une monarchie constitutionnelle.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

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