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22/02/2013 06:24 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Trois-Rivières: une arrestation brutale filmée par des caméras de surveillance

TROIS-RIVIÈRES, Qc - La vidéo d'une arrestation musclée survenue au début du mois à Trois-Rivières a attiré jusqu'à l'attention des médias américains.

Les images diffusées jeudi au palais de justice montrent quatre policiers qui rudoient un suspect âgé de 19 ans couché face contre terre, les bras en croix, dans un stationnement enneigé.

Alexis Vadeboncoeur est accusé de vol à main armée. Le soir de l'incident, il se serait présenté cagoulé et armé d'un pistolet dans une pharmacie du boulevard Des Récollets, à Trois-Rivières.

La vidéo montre le jeune homme déposer son arme avant de se rendre, en s'étendant sur le sol, face contre terre. Des policiers arrivent alors en courant et lui assènent des coups à répétition alors que le prévenu est toujours allongé. Alexis Vadeboncoeur prétend avoir été frappé à la tête et aux parties génitales.

Les images, captées par la caméra de surveillance du cégep de Trois-Rivières, ont rapidement été relayées sur Internet. La vidéo a notamment attiré l'attention du réseau d'information continue CNN, qui l'a diffusée vendredi.

Les policiers qui ont procédé à l'arrestation sont suspendus avec solde depuis une dizaine de jours. L'avocat de la défense, René Duval, songe à les poursuivre au civil.

«Ce qui s'est produit est scandaleux», a lancé Me Duval.

Le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant, a lui aussi déploré cet incident, qui fera l'objet d'une enquête d'un autre corps de police — la Sûreté du Québec.

«Évidemment, nous n'approuvons pas le geste des policiers. Ce n'est pas dans la pratique courante ici à Trois-Rivières (...) et on va attendre la conclusion de l'enquête de la Sûreté du Québec», a affirmé M. Toutant, signalant que le maire de la municipalité, Yves Lévesque, avait néanmoins «toujours confiance en son corps de police».

Par ailleurs, le ministre de la Sécurité publique Stéphane Bergeron a déclaré à Radio-Canada, vendredi, que la violence était inacceptable. Il a refusé de commenter la vidéo mais s'est dit d'accord avec les suspensions.

Une porte-parole de M. Bergeron a avisé La Presse Canadienne par message texte que le ministre ne ferait aucun autre commentaire.