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22/02/2013 03:30 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Syrie: l'opposition va former un cabinet pour les "territoires libérés" (porte-parole)

L'opposition syrienne va former un gouvernement chargé de gérer les territoires contrôlés par les rebelles, a annoncé vendredi à l'AFP Walid al-Bounni, le porte-parole de la Coalition nationale de l'opposition, à l'issue de deux jours de réunions au Caire.

"Nous nous sommes mis d'accord sur la nécessité de former un gouvernement pour gérer les affaires dans les territoires libérés", a-t-il dit.

La Coalition se réunira le 2 mars à Istanbul, en Turquie, pour décider de la composition de ce cabinet "provisoire" et choisir son chef, a-t-il plus tard ajouté lors d'une conférence de presse.

Le futur Premier ministre sera choisi "en dehors des membres de la Coalition" et devra "ne pas avoir été impliqué dans la corruption ou le meurtre", a poursuivi M. Bounni, en ajoutant: "Nous avons besoin d'un gouvernement de technocrates".

Le cabinet doit être basé "en Syrie", à savoir dans les territoires aux mains des rebelles, qui contrôlent de larges secteurs du nord et de l'est du pays.

La Coalition a également réclamé dans un communiqué "des garanties internationales du Conseil de sécurité (de l'ONU), surtout de la Russie et des Etats-Unis", pour faire réussir un règlement politique. Elle a aussi demandé des soutiens pour l'Armée syrienne libre (rebelles) afin qu'elle puisse faire le poids face aux forces du président Bachar al-Assad.

"Le régime n'acceptera (de discuter d'une solution politique, NDLR) que s'il sent que la communauté internationale est sérieuse, très sérieuse dans son aide à la révolution syrienne", a insisté M. Bounni.

L'opposition syrienne, réunie depuis jeudi dans la capitale égyptienne, devait discuter notamment de la proposition de son chef, Ahmed Moaz al-Khatib, d'entamer des discussions directes avec des représentants du régime n'ayant pas "de sang sur les mains".

M. Khatib avait précisé que tout dialogue devait nécessairement porter sur le départ du président Bachar al-Assad, dont le clan est au pouvoir depuis 30 ans.

Le régime syrien avait répliqué en se disant prêt à dialoguer avec l'opposition mais sans "conditions préalables".

L'offre de M. Khatib avait reçu l'aval des Etats-Unis, de la Ligue arabe et des deux alliés de la Syrie, la Russie et l'Iran. Mais le Conseil national syrien (CNS), principale composante de la Coalition de l'opposition que préside M. Khatib, l'a rejetée en bloc et réaffirmé son attachement à la "révolution".

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi a suggéré dimanche au Caire qu'un dialogue entre l'opposition et une délégation "acceptable" du régime de Damas se tienne dans un siège de l'ONU.

iba/feb