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22/02/2013 12:50 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Sommet sur l'éducation: le PLQ propose une hausse des droits de scolarité

QUÉBEC - Le Parti libéral du Québec (PLQ) va proposer une hausse des droits de scolarité au Sommet sur l'enseignement supérieur, lundi et mardi prochains à Montréal.

Le PLQ n'est plus au pouvoir mais reste fidèle aux orientations qu'il avait adoptées pendant son dernier mandat de gouvernement, orientations à l'origine du soulèvement étudiant du printemps 2012.

Dans son mémoire présenté vendredi à Montréal, le PLQ plaide de nouveau en faveur d'une augmentation de la facture pour les étudiants.

«Actuellement, un étudiant contribue à 12,7 pour cent des revenus des universités alors qu'en 1965 cette part était de 26 pour cent. Dans ce contexte, nous croyons que le bénéficiaire doit participer au rattrapage à la hauteur d'une fourchette se situant entre 15 et 17 pour cent de l'enveloppe globale de revenus des universités», souligne le document d'une quinzaine de pages.

La contribution par étudiant pourrait aussi être modulée en fonction du coût des programmes et des revenus anticipés du futur diplômé.

Une fois le rattrapage atteint, une indexation annuelle des droits de 3,5 pour cent _ l'un des scénarios avancés par l'économiste Pierre Fortin _ serait raisonnable, selon les libéraux.

La gratuité scolaire ne figure pas dans les cartons du gouvernement de Pauline Marois, mais le mémoire du PLQ s'attarde à en faire la critique.

La gratuité, selon le Parti libéral, «est inéquitable car elle consiste à faire payer les cours des étudiants bénéficiaires par ceux qui n'en bénéficient pas».

Demander aux contribuables de tout payer pour offrir la gratuité aux étudiants «nous semble disproportionné et injuste», insiste le mémoire.

De même, la reconnaissance légale du droit de grève pour les étudiants _ un enjeu qui pourrait faire l'objet de discussions pendant le Sommet _ se bute à la ferme opposition du PLQ.

«Ce qui doit être défendu par un gouvernement ce n'est pas le droit de grève des étudiants mais le droit d'apprendre. Le rôle du gouvernement est de garantir à quiconque désire étudier qu'il puisse le faire sans heurts, sans représailles et sans intimidation», soulève le document présenté par le chef libéral intérimaire Jean-Marc Fournier.

Sur le plan politique, le PLQ exige que le gouvernement péquiste annule ses compressions de 250 millions $ dans les universités, une demande que partage la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Pour nous, le plat de résistance, compte tenu de la crise que nous vivons, c'est de mettre fin aux coupures sauvages que le gouvernement Marois impose en ce moment aux universités», a dit le porte-parole de la CAQ en matière d'enseignement supérieur, Stéphane Le Bouyonnec, en point de presse à Québec.

Pour accroître la qualité de l'enseignement et assurer le rayonnement des universités québécoises, la CAQ va recommander au gouvernement de créer un réseau universitaire à deux vitesses.

En vertu de la proposition caquiste, les grandes universités dites de «recherche» comme McGill, Montréal, Sherbrooke et Laval seraient autorisées à fixer les droits de scolarité de leurs choix.

Par exemple, une augmentation de 15 pour cent par année «nous amènerait à quelque chose qui renflouerait les coffres de ces universités-là et leur permettrait de mieux remplir leur mission de recherche», a fait valoir M. Le Bouyonnec.

Pour les autres établissements du réseau universitaire, une modulation des frais serait appliquée en fonction du coût des programmes de formation.