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22/02/2013 09:23 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Les Rendez-vous du cinéma québécois: entre doute et optimisme (VIDÉO)

PC

Malgré les deux nominations québécoises aux Oscars avec Rebelle de Kim Nguyen et Henry de Yan England, Les Rendez-vous du cinéma québécois ont entamé leur 31e édition sous fond de crise de l’industrie. Le cinéma québécois a connu une année difficile, mais plusieurs tentaient de dissiper le doute lorsqu’ils ont foulé le «tapis bleu» installé pour l’occasion.

Car les statistiques peuvent faire peur: les parts de marché du cinéma québécois (4 % en 2012) ont chuté de moitié en 2012. Les belles années où des films comme La Grande séduction, Séraphin ou Les Invasions barbares trônaient sur les classements semblent bien loin.

D’où la présence, peut-être, de la première ministre Pauline Marois à la soirée d’ouverture des Rendez-vous. Elle est d’ailleurs venue donner du tonus à l’événement et s’est dite positive quant à l’avenir de cette industrie.

«Le cinéma québécois possède des forces remarquables et je suis très confiante pour l’avenir de notre cinéma», a déclaré Mme Marois au Huffington Post, flanquée du ministre de la Culture, le comédien Maka Kotto.

Plusieurs cinémas en crise

Ce dernier a appelé le milieu à garder son sang-froid et a estimé que, hormis les États-Unis, les industries cinématographiques nationales connaissent également une crise, et en particulier en Europe.

«Cette année est moins faste. Mais on en a déjà connu. En 2000, on avait à peu près les mêmes résultats que ceux de 2012 et, par la suite, il y a eu une remontée», a insisté le ministre.

M. Kotto a d’ailleurs profité de la tribune pour annoncer une aide financière pour des programmes de soutien aux projets en diffusion du cinéma d'auteur et en éducation cinématographique.

Même son de cloche du directeur du festival, Dominique Dugas, qui croit qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter: «Je sais que nous avons une production exceptionnelle et d’une grande diversité. On a des œuvres qui se retrouvent chaque année aux Oscars, alors notre cinéma n’est pas en crise culturellement parlant», a-t-il rappelé.

Une pointe à Vincent Guzzo

Même si le directeur avoue que les résultats escomptés en salles sont en deçà des attentes, il reste que c’est circonstanciel. «C’est un cycle. Cette année, on a eu une crise sociale importante au printemps, ce qui a probablement freiné les envies d’aller au cinéma de beaucoup de personnes. On a eu aussi un été très chaud et l’on sait que, lorsqu’il fait beau, les gens vont moins au cinéma», a rappelé M. Dugas.

D’ailleurs, le directeur a répondu aux critiques du propriétaire de salles Vincent Guzzo qui a dit, sur toutes les tribunes, que notre cinéma est trop pointu et pas assez populaire.

«Les films populaires n’ont pas rencontré leur public et je trouve que pointer le cinéma d’auteur, c’est un peu avoir la vue courte. Nous avons un cinéma diversifié qui est destiné à tous les genres de public», a-t-il souligné

Plus de 300 films jusqu’au 3 mars

C’est le film Roches papier ciseaux de Yan Lanouette Turgeon, un «polar-patchwork» assez inspiré et audacieux avec Roy Dupuis, qui a ouvert les RVCQ hier au Cinéma impérial dans une salle bondée.

Plus de 300 films seront présentés jusqu’au 3 mars. Il sera notamment possible de voir Les Manèges humains de Martin Laroche- un film assez troublant tourné à la caméra subjective — , Le Météore de François Delisle, Les trains de la vie d’André Melançon (qui sera également honoré) et Finissant(e)s de Raphaël Ouellet.

Un autre film est attendu: celui de Louise Leroux, un documentaire qui s’intitule Les Boys et qui est une incursion dans une ligue de garage de La Prairie.