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22/02/2013 07:31 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Perspectives plus sombres pour l'Europe

La Commission européenne a dressé vendredi un tableau très sombre de l'économie de la zone euro, qui restera en récession cette année, et où le chômage s'aggravera.

Le taux de chômage, qui a atteint 11,4 % l'an dernier devrait grimper à 12,2 % en 2013, touchant plus de 19 millions de personnes, pour légèrement diminuer l'année suivante, à 12,1 %. Plus du quart de la population active de l'Espagne et de la Grèce resteront d'ailleurs à la recherche d'un emploi.

Contrairement à ses prévisions de novembre dernier, la Commission européenne ne s'attend plus à ce que la zone euro sorte de récession en 2013. Le produit intérieur brut (PIB) des 17 pays devrait se contracter de 0,3 % cette année alors qu'elle anticipait précédemment une progression de 0,1 %. Ces prévisions de la Commission européenne sont légèrement plus pessimistes que celle du Fonds monétaire international, le FMI, qui anticipe une contraction de 0,2 % de l'économie de la zone euro cette année.

« La faiblesse de l'activité économique à la fin de l'année 2012 se traduit par un point de départ bas pour cette année », indique la Commission qui table sur une amélioration « graduelle » du contexte économique au cours des prochains mois, surtout en raison d'une plus grande demande extérieure. « Il est prévu que l'investissement et la consommation intérieure reprennent plus tard dans l'année, et en 2014 la demande intérieure devrait prendre le relais comme principal moteur pour renforcer la croissance », précise Bruxelles.

Déficits budgétaires : cibles déjà ratées

Avec ce ralentissement économique, des pays de la zone euro seront incapables d'atteindre leurs objectifs de réduire le déficit de leurs finances publiques. Par exemple, Paris, deuxième économie européenne, ne parviendra pas à ramener son déficit sous les 3 % de son PIB, note la Commission européenne. Son déficit budgétaire devrait être de 3,7 % cette année et grimper à 3,9 % en 2014, surtout en raison de son économie qui stagne.

Vendredi, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, n'a pas exclu d'accorder à la France un délai pour atteindre l'objectif de 3 % plutôt que de lui imposer des sanctions financières. « Nous reviendrons sur la question au mois de mai (...) après que la France aura présenté ses programmes de stabilité et de réformes, qui devraient inclure un examen complet et profond des dépenses publiques », a-t-il indiqué.

Le cas français est loin d'être unique en zone euro. Selon les prévisions de la Commission européenne, le déficit de l'Espagne devrait de 6,7 % de son PIB cette année alors que son objectif est de le ramener à 4,5 % et de 7,2 % l'an prochain contre une cible de 2,8 %.