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22/02/2013 01:08 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Michael Applebaum refuse de se laisser intimider par les policiers

Agence QMI

MONTRÉAL - Les négociations entourant l’organisation du travail des policiers montréalais ont subitement dégénéré en foire d’empoigne par médias interposés entre le maire Michael Applebaum et le dirigeant de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal (FPPM), Yves Francoeur.

En début de journée, vendredi, M. Applebaum a convoqué les médias à moins d’une heure de préavis. À l’hôtel de ville, l’un de ses relationnistes a alors distribué aux journalistes la copie d’un courriel dans lequel le directeur des communications de la FPPM menace à mots couverts de salir la réputation du maire si ce dernier ne revient pas sur la décision de mettre fin au projet pilote de la semaine de travail de trois jours dont jouissent les policiers depuis 13 mois.

Invoquant la forte mobilisation de ses membres, la FPPM y demande au maire de s’impliquer personnellement dans le dossier, sans quoi «c’est pas les fonctionnaires qui vont avoir le trouble de nous avoir sur le dos, c’est le maire».

Au lendemain de l’envoi de cette missive, le maire a eu en entretien téléphonique avec Yves Francoeur, vendredi matin. M. Applebaum a soutenu que son interlocuteur l’avait alors exhorté de renverser la décision sur la non-prolongation du projet pilote d’ici le début de la soirée.

«Il m’a donné un ultimatum pour 18 h (vendredi), sinon il allait m’attaquer personnellement comme maire de Montréal», a soutenu Michael Applebaum.

«Jamais, jamais, dans ma vie, je ne vais céder à des menaces, et je trouve déplorable qu’un policier menace ouvertement le maire de la métropole du Québec», a martelé le premier magistrat de la ville.

Piqué au vif, M. Francoeur a convoqué les médias en fin de journée. Il s’est vigoureusement défendu d’avoir «menacé» Michael Applebaum, envers qui il a eu des propos très durs, le taxant notamment de maire «pas de colonne», et à qui il envisage demander une rétractation officielle.

Le leader syndical n’a pas nié qu’il avait demandé une réponse au maire d’ici vendredi soir, faute de quoi ses membres mettraient en branle au cours des prochains jours un «plan de match» dont il n’a pas voulu spécifier les détails.

«Si, quand on est en négociations, dire à la partie patronale: ‘Si on ne s’entend pas, si on n’a pas de solutions, la marde va pogner’, si ça c’est des menaces, moi, je m’excuse, mais il y en a qui ont la peau mince», a pesté le leader syndical.

Il a en outre vilipendé la stratégie de communications du maire intérimaire de la métropole. «Je parle régulièrement à des ministres, des sous-ministres et des premiers ministres, et je ne me suis jamais fait faire ce coup-là», a lancé M. Francoeur au sujet de la sortie médiatique du maire.

Yves Francoeur a également suggéré que M. Applebaum, qui a été interrogé par les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en début de semaine, a possiblement voulu «faire diversion» en convoquant les représentants des médias.

La question de l’horaire de travail des policiers est au coeur du litige qui oppose l’administration Applebaum au syndicat.

La FPPM demande de prolonger jusqu’en janvier 2014 le projet pilote des trois jours par semaine, un horaire aménagé de façon un peu atypique, comme celui des pompiers, qui visait à mettre fin à l’alternance entre les quarts de travail de jour, de soir et de nuit.

L’un des arguments mis de l’avant par le syndicat est qu’il a été mis à l’épreuve dans un contexte exceptionnel, a plaidé M. Francoeur.

«Pendant huit mois, il y a eu 683 manifestations à Montréal. Comment on peut évaluer un projet pilote qui a touché 2500 policiers sur une période de quatre mois?»

Malgré tout, au dire du maire, cet aménagement du travail ne tient pas la route. Selon Michael Applebaum, 30 des 33 commandants du SPVM sont de cet avis et il croit que la population montréalaise est également de son côté dans ce dossier.

«Je suis convaincu que les contribuables montréalais, dont la majorité travaillent cinq jours par semaine, vont m’appuyer dans cette décision», a estimé le maire.

Le projet pilote doit normalement prendre fin le 20 mars. D'ici là, la FPPM devrait lancer des actions afin de défendre sa position sur la question.

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