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22/02/2013 08:53 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

L'inflation annuelle a reculé à 0,5 pour cent au Canada en janvier

OTTAWA - L'économie a montré des signes de faiblesse à la fin de l'année dernière et au début de 2013, l'inflation du mois de janvier ayant ralenti à son plus faible niveau en plus de trois ans, tandis que les ventes des détaillants en décembre ont été décevantes.

La divulgation de ces deux données décevantes, vendredi matin, a fait reculer le dollar canadien de plus d'un demi-cent, à un creux de huit mois, avant de prendre un peu de mieux plus tard dans la journée pour finalement clôturer en baisse de 0,2 cent US à 97,96 cents US.

L'économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a estimé que l'inflation et les ventes au détail témoignaient toutes deux du même côté de la médaille.

«Tous deux ont la même origine: la faiblesse sous-jacente du portrait économique au tournant de la nouvelle année», a-t-il noté.

L'indice des prix à la consommation a avancé de 0,5 pour cent en janvier, son rythme le plus lent depuis octobre 2009. Les économistes attendaient plutôt une hausse de 0,7 pour cent.

L'inflation de base, qui est surveillée de près par la Banque du Canada et exclut les éléments dont les prix sont les plus volatils, s'est établie à 1,0 pour cent en janvier — soit à l'échelon le plus bas de la fourchette cible de la banque centrale.

M. Porter a estimé que si l'inflation devait ralentir davantage, certains observateurs pourraient commencer à discuter d'une éventuelle baisse des taux d'intérêt de la banque centrale.

«Je ne crois pas qu'elle va le faire, mais je crois que certains vont en parler», a poursuivi M. Porter, qui s'attend plutôt à ce que la banque hausse ses taux, mais pas avant la mi-2014 ou même plus tard.

Entre-temps, les ventes au détail ont retraité de 2,1 pour cent en décembre, mettant fin à une série de cinq gains mensuels consécutifs. Il s'agit en outre de leur plus importante baisse depuis avril 2010. Les économistes misaient plutôt sur un déclin beaucoup moins important de 0,3 pour cent.

M. Porter a noté que certains circonstances exceptionnelles avaient eu lieu, notamment les promotions du «Black Friday» en novembre, qui ont eu pour effet de faire devancer certains achats, mais la faiblesse était néanmoins généralisée.

«Toutes les provinces ont vu leurs ventes reculer en décembre par rapport au mois de novembre, alors il y avait un certain nombre de facteurs en jeu dans ce cas.»

En excluant les prix de l'essence, qui ont retraité de 1,8 pour cent sur une base annuelle, l'inflation canadienne s'est établie à 0,6 pour cent après avoir été de 0,8 pour cent en décembre. Les prix des aliments ont gagné 1,1 pour cent, ce qui a aidé à contrebalancer la baisse des prix de l'essence.

Des fêtes moins joyeuses pour les détaillants

Selon l'économiste Diana Petramala, de la Banque TD, le fait que l'inflation soit bien en deçà de la cible de deux pour cent de la Banque du Canada laisse croire que cette dernière maintiendra ses taux à leur niveau actuel pour 2013.

«Étant donné la faiblesse de l'économie à l'approche de 2013, l'inflation devrait demeurer modeste au cours des prochains mois», a soutenu Mme Petramala.

«Cependant, les augmentations de prix devraient reprendre en même temps que le dynamisme économique au fur et à mesure que l'année progressera, a-t-elle spécifié. La hausse du prix de l'essence, en particulier, devrait contribuer à un bond de l'inflation au cours des prochains mois.»

L'économiste Emanuella Enenajor, de la Banque CIBC, a pour sa part jugé que la saison des Fêtes n'avait pas été très joyeuse pour les détaillants.

«Le déclin de 1,6 pour cent des volumes de détail ajoute un risque à la baisse mesurable pour le produit intérieur brut de décembre, qui pourrait se traduire par une contraction de 0,3 pour cent, ce qui placerait la croissance économique du quatrième trimestre en deçà de la prévision de un pour cent avancée par la Banque du Canada.»

«La plupart des types de magasins généralement associés au magasinage des Fêtes ont enregistré de moins bons résultats en décembre», a précisé Statistique Canada dans son rapport.

Les ventes ont reculé dans 7 des 11 sous-secteurs étudiés par l'agence gouvernementale.

En excluant les ventes des concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces, qui ont retraité de 6,4 pour cent, les ventes au détail d'ensemble ont reculé de 0,9 pour cent.

La Banque du Canada a réduit le mois dernier ses prévisions de croissance économique pour 2013 et son gouverneur Mark Carney a indiqué que le besoin de hausser les coûts de l'emprunt était «moins imminent».

Selon des analystes, cela signale probablement que les taux d'intérêt resteront les mêmes au moins jusqu'en 2014.

Parmi les huit composantes étudiées par Statistique Canada, six ont vu leurs prix grimper. Celles des transports et des vêtements et chaussures ont été les deux exceptions, avec des reculs de 0,5 et 1,6 pour cent respectivement.

Les prix des aliments ont progressé de 1,1 pour cent sur une base annuelle, tandis que ceux des dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage ont avancé de 1,2 pour cent. Les soins de santé et soins personnels ont coûté en moyenne 0,3 pour cent de plus qu'un an plus tôt.

Les prix du secteur des loisirs, formation et lecture ont gagné 1,1 pour cent, tandis que ceux des boissons alcoolisées et des produits du tabac ont avancé de 1,9 pour cent.

Les coûts liés au logement ont progressé de 0,6 pour cent.

Au Québec, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6 pour cent d'une année à l'autre en janvier, après avoir progressé de 1,5 pour cent en décembre. Les prix ont augmenté de 0,6 pour cent en Ontario et de 0,4 pour cent au Nouveau-Brunswick.