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22/02/2013 04:46 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Le Darfour, une région de l'ouest du Soudan en rébellion contre Khartoum

Le Darfour, en proie à une guerre civile depuis dix ans, est une vaste région de l'ouest du Soudan frontalière du Tchad, de la Libye, de la République centrafricaine et du Soudan du Sud indépendant depuis juillet 2011.

Depuis 2003, le conflit qui oppose des groupes rebelles non arabes au régime de Khartoum, soutenu par des milices arabes, a fait 300.000 morts selon l'ONU - 10.000 selon Khartoum - et plus d'un million de déplacés.

Partiellement désertique, le Darfour, d'une superficie d'environ 500.000 km2, fut un sultanat indépendant jusqu'en 1917 avant d'être incorporé au Soudan. Il est constitué de hauts plateaux aux sommets volcaniques qui culminent au Jebel Marra (3.071 mètres).

Peuplé de six millions d'habitants, il emprunte son nom à l'une de ses principales tribus africaines, les Fors ("Dar For" signifie "la Maison des Fors"). Les principales villes sont El-Fasher, Nyala, El-Geneina.

L'élevage est l'une des principales sources de revenus et son sous-sol recèle d'importantes richesses: pétrole, uranium et cuivre.

Le conflit n'a pas de dimension religieuse, l'ensemble de la population (Fors, Massalites, Zaghawas, etc.) étant musulmane et arabophone, est constituée de nombreuses tribus arabes et africaines.

Les tribus Fors, des paysans, occupent la zone centrale, dont le massif de Jebel Marra. D'autres tribus africaines de fermiers sédentaires, dont les Massalites, sont établies dans cette zone. Le nord du Darfour est surtout peuplé de Zaghawas, d'origine africaine.

En 2003, des mouvements rebelles armés attaquent des positions gouvernementales au Darfour. L'armée soudanaise riposte, appuyée par des milices, les janjawids, accusées d'être responsables d'exactions (incendies de villages, viols..) contre les cultivateurs sédentaires africains.

Les rebelles réclament notamment un partage plus équitable des ressources et plus d'autonomie pour leur région qu'ils estiment "marginalisée" par Khartoum.

Bien que les violences aient beaucoup régressé, les heurts entre rebelles et troupes gouvernementales, braquages et autres incidents armés entre tribus restent fréquents.

Une force hybride ONU/Union africaine (Minuad) est déployée depuis 2007. Elle compte actuellement plus de 21.000 hommes et constitue la plus importante mission internationale de maintien de l'ordre.

Une Autorité régionale du Darfour, présidée par Eltigani Seisi a été créée en 2011 en application d'un accord de paix signé à Doha entre Khartoum et une coalition de petits groupes rebelles.

Selon ce haut responsable, la région, ravagée par dix ans de guerre civile, a besoin de six milliards de dollars pour relancer son économie, appelant au soutien de la communauté internationale.

Travailleurs humanitaires, diplomates et journalistes sont régulièrement confrontés à des restrictions dans leurs déplacements dans cette région.

bur-bc/feb