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22/02/2013 12:02 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Des garderies non agréées, tenues sans supervision

À peine 20 % des enfants canadiens ont accès à une garderie agréée, ce qui laisse les millions d'autres à risque de se retrouver dans des établissements parfois dangereux, où le personnel n'a aucune formation et viole parfois la loi, a constaté l'équipe de l'émission Marketplace du réseau anglais de Radio-Canada.

L'équipe a filmé par caméra cachée ce qui se passait dans 20 garderies à Vancouver et dans la région de Toronto et a découvert des responsables non qualifiés, expoitant des installations non conformes aux normes.

Certaines n'avaient pas de barrières pour empêcher les bambins de se rendre dans les escaliers. D'autres avaient des salles sans fenêtre et sans sortie d'urgence. D'autres encore avaient des aires de jeux extérieures sans clôture. Dans certains cas, il n'y avait aucune vérification par la police du passé criminel des responsables.

Une femme de Toronto, accusée en 2007 d'exploiter illégalement une garderie qui a été forcée de fermer par la suite, faisait à nouveau affaires, demandant 1000 $ par mois pour chaque enfant. La caméra de Marketplace a enregistré son mari, qui dirige une autre garderie, conduisant un véhicule dans des rues enneigées avec à bord des enfants aussi jeunes que 11 mois, sans sièges pour enfants.

Absence de normes dénoncé

« Dans ce pays, nous avons des normes nationales pour les ampoules, mais pas pour les enfants », a dénoncé Don Giesbrecht, président de la Fédération canadienne des services de garde à l'enfance. 

Les garderies non enregistrées ne sont sujettes à aucune forme de supervision. Toute personne peut en ouvrir une, pour peu qu'elle respecte la limite sur le nombre maximal d'enfants permis qu'impose sa province. Les seules plaintes formelles que peuvent formuler les parents contre ces établissements ont trait à cette limite. À elle seule, l'Ontario a reçu 757 plaintes du genre depuis 2010.

« La plupart des gens croient qu'il y a beaucoup plus de surveillance gouvernementale qu'il y en a vraiment », a pour sa part estimé la présidente de l'institut de recherche et de ressources en services de garde du Canada, Martha Friendly. Elle invite les parents à s'exprimer pour que la situation change.