NOUVELLES
22/02/2013 09:26 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Chypre: les besoins des banques pourraient atteindre jusqu'à 8,86 mds EUR (rapport)

Le système bancaire de Chypre, très exposé à la crise grecque, a besoin d'une aide qui pourrait atteindre jusqu'à 8,86 milliards d'euros, dans le cadre du plan de sauvetage de l'île, selon un rapport du fonds Pimco rendu public vendredi par l'agence officielle CNA.

Le fonds d'investissement Pimco a été mandaté pour réaliser un audit sur les besoins des banques chypriotes par l'Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), à qui Chypre a demandé une aide financière pour éviter la faillite.

D'après l'étude menée par Pimco, le secteur bancaire aura besoin d'une aide évaluée entre 5,98 milliards d'euros et 8,86 milliards d'euros, selon les scénarios, rapporte CNA, confirmant des informations parues dans la presse allemande.

Dans un projet d'accord avec la troïka, les besoins des banques avaient été évalués jusqu'à 10 milliards d'euros, dans le cadre d'une aide financière pouvant atteindre au total 17 milliards d'euros.

A plusieurs reprises, le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, avait affirmé que le chiffre de 10 milliards était surévalué.

La somme requise déterminera si Chypre a besoin d'adopter de nouvelles mesures d'austérité, comme des privatisations, ce à quoi Nicosie ne semble pas disposé pour le moment.

Le 2 février, la Banque centrale chypriote avait annoncé que l'étude sur les banques était terminée, mais que ses conclusions ne seraient pas rendues publiques avant la signature du plan de sauvetage.

Les ministres des Finances de la zone euro ont renvoyé toute décision à après l'élection présidentielle chypriote, dont le deuxième tour se déroule dimanche.

Selon les dernières prévisions publiées vendredi par la Commission européenne, l'économie chypriote devrait se contracter de 3,5% en 2013, après -2,3% en 2012.

"Les prévisions économiques pour 2013 et 2014 indiquent une récession prolongée, due à un déclin supplémentaire de la demande intérieure et des investissements", selon le rapport de la Commission.

"La conclusion du programme d'ajustement macroéconomique (dans le cadre du plan de sauvetage, ndlr) aura une importance primordiale pour la stabilisation de l'économie, mais les risques demeureront, tant sur le plan de l'environnement extérieur que sur le front intérieur", souligne-t-elle.

L'audit de Pimco couvre les portefeuilles de la Bank of Cyprus et de la Cyprus Popular Bank --les deux principales banques de l'île, particulièrement affectées par la crise grecque--, de même que ceux de la Hellenic Bank, de la Greek Alpha Bank Cyprus, de l'Eurobank Cyprus et d'un panel représentant environ 63% des institutions de crédit coopératif.

A la demande de la troïka, Chypre a déjà adopté une série de mesures d'austérité représentant 7,25% du PIB sur quatre ans.

Mais certains membres de la zone euro, en premier lieu l'Allemagne, rechignent à aider Chypre si le pays ne lutte pas activement contre le blanchiment d'argent. C'est "une condition sine qua non" d'un plan d'aide, a récemment affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

str/jds/dv/cco/jld