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22/02/2013 04:39 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Batteries de 787 brûlées: Boeing a proposé une solution, la FAA l'étudie

L'avionneur américain Boeing a proposé vendredi une solution pour permettre de lever l'interdiction de vol sur son long courrier 787 et les autorités fédérales de l'aviation l'étudient.

L'autorité fédérale de l'aviation (FAA) a indiqué que "le ministre adjoint aux Transports John Porcari, l'administrateur de la FAA Michael Huerta et d'autres représentants" de l'agence gouvernementale avaient "rencontré de hauts dirigeants de Boeing pour discuter de l'état des travaux en cours pour résoudre le problème des batteries de 787".

"La FAA étudie une proposition de Boeing et va l'analyser avec attention", a-t-elle ajouté. "La sécurité des voyageurs aériens est notre priorité", a ajouté l'autorité fédérale, précisant qu'elle n'autoriserait le 787 à voler à nouveau que si elle avait toute "confiance" dans la solution proposée.

Boeing s'est contenté de son côté d'indiquer que le directeur de sa branche d'aviation civile, Ray Conner, avait eu une "rencontre productive" vendredi avec la FAA sur le problème des batteries carbonisées de son nouvel appareil, interdit de vol depuis le 16 janvier.

"Nous sommes encouragés par les progrès réalisés pour résoudre le problème et pour refaire voler les 787", précise Boeing.

Les 50 Boeing 787 en circulation dans le monde sont cloués au sol depuis le 16 janvier à la suite de deux incidents à bord en moins de deux semaines au cours desquels des batteries lithium-ion, qui servent notamment à mettre l'avion sous tension, ont brûlé.

L'un est survenu le 7 janvier à l'aéroport de Boston lorsqu'une batterie a été incendiée. L'autre a eu lieu en plein vol au Japon le 16 janvier, une batterie ayant brûlé par surchauffe et dégagé de la fumée à bord, ce qui a déclenché un atterrissage d'urgence.

Ni la FAA ni Boeing n'ont donné de détails sur la solution proposée par l'avionneur américain.

Selon des informations de presse, il s'agirait d'entourer chacune des huit cellules des batteries lithium-ion du Dreamliner d'une boîte isolante, en titane par exemple, pour éviter la contamination d'une éventuelle surchauffe ou d'un court-circuit à l'ensemble de la batterie.

Le groupe aurait également proposé d'installer des systèmes à haute pression pour évacuer les émanations de gaz et fumées à l'extérieur de l'avion en cas de feu, affirmait ce week-end le Seattle Times.

Boeing a suspendu ses livraisons mais maintenu sa production à son rythme de cinq avions par mois.

Même si la solution proposée par Boeing était retenue, il n'est pas certain que le 787, le dernier né de Boeing dit "Dreamliner", sur lequel Boeing parie pour l'avenir, puisse revoler rapidement.

Selon le New York Times, la FAA ne devrait "pas approuver ces changements sur le champ".

La compagnie aérienne américaine United Continental a d'ailleurs fait savoir jeudi qu'elle ne comptait pas faire revoler l'un de ses six Boeing 787 avant le 12 mai au plus tôt.

Les réactions des experts étaient mitigées. L'analyste aéronautique indépendant Michael Boyd estime que la "FAA n'a pas de raisons de ne pas accepter cette solution" et que le 787 devrait revoler d'ici "quelques semaines".

Richard Aboulafia, de Teal Group, juge que l'avion pourrait en effet revoler dès le mois d'avril si la solution proposée par Boeing est validée par la FAA. Mais il juge cette possibilité peu probable. "La FAA parle de zéro tolérance et ils accepteraient une solution fondée sur une gestion des incendies? Cela n'a pas de sens". Pour lui, la FAA n'acceptera ce remède que si l'avionneur propose parallèlement une solution plus globale.

La semaine dernière, le rival européen de Boeing, Airbus, avait opté pour le principe de précaution en renonçant aux batteries lithium-ion et en revenant à des classiques batteries au cadmium pour son futur A350.

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