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21/02/2013 03:14 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

USA: le yoga à l'école visé par une plainte en Californie

Dispenser des cours de yoga à l'école "piétine la liberté religieuse des citoyens", estiment des avocats américains qui ont porté plainte contre des établissements scolaires de Californie, dont le programme de yoga relève selon eux d'une intrusion des croyances hindoues.

Le National Center for Law and Policy (NCLP), qui a déposé sa plainte mercredi auprès d'un tribunal de San Diego contre le comté scolaire de Encinitas, lui reproche d'avoir accepté 533.000 dollars de la Fondation Jois, en échange de cours de yoga de 40 minutes donnés deux fois par semaine aux écoliers.

Cette "organisation fondée sur la religion" --qui tire son nom du maître yogi indien Krishna Pattabhi Jois, dont les "fidèles" comprennent notamment Madonna et Sting-- disposerait ainsi d'un "accès à des élèves jeunes et influençables pour tester et montrer les qualités de +santé et bien-être+ de son programme", écrit l'association de défense des libertés civiles dans un communiqué.

Cette plainte a été déposée au nom d'un couple de parents d'élèves, Stephen et Jennifer Sedlock, et leurs enfants.

"Peu importe à quel point nos écoles ont besoin d'argent, souligne Dean Broyles, avocat et président du NCLP, la liberté de religion n'est pas à vendre".

L'avocat argue que les cours prodigués "représentent une violation sérieuse de la confiance publique", citant dans sa plainte la Constitution californienne qui "interdit l'usage des ressources étatiques à des fins religieuses". Dans une mini-biographie publiée sur le site du NCLP, M. Broyles se définit comme chrétien.

Le yoga, particulièrement diffusé en Californie, n'est pas obligatoire pour les élèves des cinq écoles concernées, qui peuvent en être dispensés.

Mais selon l'avocat, cette solution "a hélas conduit au harcèlement, aux discriminations, au bizutage et à la marginalisation des enfants qui, pour de bonne raisons, ont refusé le programme".

Le NCLP ne recherche pas des dommages financiers mais la fermeture du programme, qu'il exige depuis plusieurs mois, précise-t-il.

Ce programme --dépouillé de connotations religieuses et adapté aux enfants, selon le comté scolaire-- fait par ailleurs l'objet d'une étude universitaire qui doit déterminer si le yoga à l'école permet de réduire la violence, le bizutage et l'absentéisme, rapporte le Los Angeles Times.

lor/bdx