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21/02/2013 06:52 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Une contestation du projet de Muksrat Falls débute avec un écueil

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - La tentative d'un résidant de Terre-Neuve visant à faire dérailler devant les tribunaux le projet hydroélectrique de Muskrat Falls a débuté par une importante embûche, jeudi, alors que la juge a refusé d'entendre l'un de ses principaux arguments.

Selon la juge Gillian Butler, Brad Cabana, qui se présente sans avocat, aurait dû envoyer une copie de sa déclaration au procureur général fédéral. Selon M. Cabana, plusieurs violations constitutionnelles nécessiteraient de mettre fin au projet de développement au Labrador évalué à 7,7 milliards $.

Le blogueur politique et homme d'affaires de 48 ans a plutôt acheminé un courriel à propos de l'audience de quatre jours de la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador. Il dit avoir reçu un accusé de réception de la part d'Ottawa, mais pas de réponse.

Au coeur du litige se trouvent des changements apportés au Electrical Power Control Act provincial, et à l'entente subséquente de gestion des eaux qui, affirme M. Cabana, viole les droits obtenus par Hydro-Québec sur le fleuve Churchill.

Le demandeur a réclamé un délai de 10 jours pour déposer les documents requis, mais les avocats du gouvernement provincial, de la nation Innue et de la société d'État productrice d'énergie Nalcor Energy s'y sont opposés. La demande a finalement été rejetée par la juge, qui a précisé que M. Cabana pourrait présenter son argument une nouvelle fois à une étape ultérieure.

M. Cabana tente de faire cesser la construction du barrage et de la centrale électrique, amorcée l'an dernier, près de Happy Valley-Goose Bay.

Muksrat Falls devrait commencer à produire de l'électricité en 2017, électricité qui serait envoyée à Terre-Neuve-et-Labrador, puis en Nouvelle-Écosse via un vaste réseau de lignes de transmission et de câbles sous-marins.

Brad Cabana estime également que les résidants de la région, contrairement aux autochtones, n'ont pas pu exprimer leur position sur le projet par référendum.

La porte-parole d'Hydro-Québec, Ariane Connor, a refusé de commenter à savoir si la société d'État québécoise pourrait contester le projet en cour. Hydro-Québec affirme cependant dans une lettre adressée au Conseil d'administration des services publics à Saint-Jean, et datée du 15 décembre 2009, que ses contrats de production d'électricité sont protégés en vertu du Electrical Power Control Act, qui a précédé l'entente de gestion des eaux.